samedi 28 février 2009

Can't believe those eyes !

Les poissons abyssaux sont une source infinie d'étonnement. Souvent effrayants, amusants, surprenants, on les croit sortis tout droit d'un bon livre de science fiction. Celui que je vais vous présenter dépasse de loin tout ce que j'ai eu l'occasion de voir auparavant. A vrai dire, j'ai plutôt cru à un poisson d'avril qu'à un poisson d'abysse. Mais la conjoncture temporelle ne s'y prêtant guère, j'ai dû me résoudre à la réalité : Macropinna microstoma est un poisson des fonds marins ayant une tête totalement transparente avec les yeux...à l'intérieur du crâne. Et même si je n'en crois toujours pas les miens, les siens peuvent voir à travers la structure de sa tête.

Macropinna microstoma, ceci n'est pas une image de synthèse. © MBARI

Sur cette photographie, vous pouvez voir deux lobes verts pointant vers le haut : ce sont les yeux. A l'avant de la tête, ce que l'on pourrait prendre pour des yeux ne sont autres que des appareils olfactifs. Les scientifiques ont longtemps cherché à comprendre pourquoi ce drôle d'animal possédait des yeux fixés vers le haut, ceci n'étant pas des plus pratique pour gober des proies. Récemment, un spécimen ramené vivant sur un bateau a permis de voir que les yeux ne sont absolument pas immobiles et peuvent se tourner vers l'avant repérant ainsi tout ce qui passe devant la bouche.
Cependant, ce regard au ciel reste inexpliqué. Les chercheurs ont alors émis l'hypothèse selon laquelle Macropinna resterait dans les fonds capturant les rares photons provenant du dessus pour repérer ses proies. Mieux, ce poisson convoite tout particulièrement les proies capturées par les siphonophores (colonies de cnidaires formant un superorganisme avec des tentacules urticantes). On imagine alors aisément le confort d'avoir les yeux dans la tête dans ce cas là : cela protège son plus précieux organe de perception contre les piqures infligées par les tentacules de siphonophores !



© MBARI
En bref, voilà un bien curieux animal, qui une fois de plus me laisse bouche bée devant les bizzareries qu'engendre la sélection naturelle.

----------------------------------------------------------------------------------------------
Source : Futura Science


dimanche 22 février 2009

Cacatoes en direct live

L'autre jour, alors que j'allais m'acheter une petite Dionée, je suis allée faire un tour à l'animalerie comme à mon habitude. C'est alors que j'ai surpris ce charmant Cacatoès en pleine utilisation d'outil. Il a en effet pris une des boules qui lui sert de jouet pour en faire une sorte de "porte-aile-pendant-lavage". Il prend la boule avec son bec, la glisse sous son aile ce qui la maintient pendant qu'il se lisse les plumes. J'ai eu le temps de prendre une petite vidéo avec mon téléphone portable pour que vous puissiez voir ça !

video

Voilà encore une superbe démonstration de l'utilisation d'un objet par un cacatoès. Il s'agit très certainement d'un cas isolé dans ce cas là, je ne sais absolument pas si ce comportement se retrouve en milieu naturel. Ce petit là a dû trouver cette astuce tout seul. En tout cas cela renforce mon sentiment selon lequel il devrait être strictement interdit de vendre ces animaux et de les maintenir dans des cages comme nous le faisons. Déjà que maintenir un oiseau en cage me semble un crime contre la nature, mais en plus un oiseau faisant preuve d'autant "d'intelligence"...Ca me fait définitivement mal au coeur...

mercredi 18 février 2009

Les Experts et les Vers


En lisant l'article sur les tâches de sang publié sur le site "Autour des Sciences", j'ai repensé à un article que je voulais faire sur l'entomologie judiciaire. Comme tout bon fan de la série "les Experts Las Vegas" le sait, le grand patron (Grissom) est un entomologiste confirmé toujours heureux de trouver tout plein d'adorables vers et larves sur les cadavres. Dans l'un des épisodes, il se retrouve sur une scène de crime dans la Cadaver Farm, où l'on peut voir le sol tapissé de vers. Il fait alors remarquer à un de ses associés la chaleur émanant des lieux. Chaleur qui s'explique par la présence des vers eux-mêmes. Ces bestiaux sont capables de maintenir une température de 20°C malgré une réfrigération du corps à 4°C pendant 2 heures, et sur certains cadavres on a trouvé une température de 37°C au niveau de certains amas de vers !


Calliphora Vomitera au stade Imago (adulte), une des premières arrivées pour pondre sur les cadavres

Forme larvaire de Calliphora Vomitera

Ces braves bêtes, souvent formes larvaires des futures mouches et autres diptères, ne font pas ça par hasard, elles produisent cette chaleur afin d'accélérer l'éclosion des oeufs et la décomposition du cadavre. En effet la chaleur aide certaines enzymes lytiques à faire leur travail de décomposition du tissu ce qui permet à ces nécrophages de dîner plus facilement. En parallèle, la chaleur provoque une accélération du processus de développement des oeufs, car comme chacun sait, plus on est de fous, plus on rit!

Grissom, mon dieu

Bon appétit bien fûr !


-----------------------------------------------------------------------------------------

Sources : ici et

dimanche 15 février 2009

Réponse au discour de monsieur Sarkozy sur la recherche

En lisant les informations je suis tombée sur ce message fort bien écrit que je vous laisse le soin de lire...

Monsieur le Président de la République,
Nous, directeurs de 22 laboratoires de l’IN2P3, Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des particules du CNRS, avons été profondément blessés et scandalisés par les propos que vous avez tenus lors de votre discours du 22 Janvier.
Nous pensons d’abord aux 850 chercheurs et enseignants chercheurs et 1400 ingénieurs et techniciens de cet institut qui travaillent au sein de ses 19 unités mixtes de recherche CNRS- Universités et/ou grandes écoles, ou de ses 5 unités propres ou mixtes de service du CNRS avec une compétence et un dévouement remarquables pour réaliser de grands projets scientifiques qui défient l’imagination. Quel contraste entre vos propos dégradants et le caractère exceptionnel de leurs réalisations, comme les contributions françaises au programme LHC du CERN dont toute la communauté internationale reconnaît qu’elles n’ont rien à envier à celles de nos collègues étrangers, fussent-ils britanniques. D’autres exemples ne manquent pas, comme la construction de SPIRAL2 au GANIL qui met la France au tout premier plan de la recherche mondiale en physique nucléaire, des projets spatiaux comme les équipements embarqués sur les satellites FERMI-GLAST ou PLANCK, l’observatoire sous marin ANTARES ou encore le traitement de cancers par hadron thérapie, directement issu de la technologie mise en oeuvre dans notre discipline.
Tous nos projets sont internationaux et c’est tous les jours que l’évaluation de nos mérites se fait au sein de ces grands projets où collaboration rime toujours avec compétition. Ces projets font également l’objet d’examens très sélectifs dans les grands laboratoires internationaux où ils sont installés et mis en oeuvre. Aussi, votre affirmation que nous serions hostiles à toute forme d’évaluation est non seulement injurieuse mais totalement infondée. Nous tenons à vous rappeler que notre métier est par essence évalué en permanence : par nos communications scientifiques (publications dans des revues internationales, communications à des congrès …), par les demandes de contrats de recherche nationaux ou internationaux et ensuite par le Comité National de la Recherche Scientifique ainsi que maintenant par l’AERES dont les membres sont issus de l’ensemble de la communauté scientifique française. Est–il nécessaire de vous rappeler que l’évaluation par les pairs de façon collégiale est pratiquée dans tous les pays ayant une recherche de dimension internationale ?
Vous considérez que les récompenses prestigieuses attribuées à des chercheurs cachent une recherche pratiquée par une majorité de médiocres et de fainéants. Quel est donc ce mépris pour toute une profession ? Il faut rappeler que l’émergence de résultats exceptionnels est le fruit du travail quotidien et à long terme de l’ensemble des acteurs de la recherche : les chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants ou post-doctorants mais aussi tout particulièrement les ingénieurs, techniciens et administratifs qui jouent un rôle essentiel dans l’élaboration, la mise en place et l’exploitation de projets qui permettent d’y aboutir.
Il est vraiment regrettable de constater que le gouvernement engage des réformes de fond en s’appuyant sur une analyse erronée de la situation de la recherche publique française et qu’il se contente de désigner des boucs émissaires. Nos projets ont une durée de vie parfois supérieure à 25 ans, une durée très longue comparée à celle de la vie politique. Ainsi, le LHC depuis sa conception en 1984, a vu passer 3 présidents de la République, 11 premiers ministres et plus de 20 ministres de la recherche. C’est donc bien plus de continuité dans l’effort public de recherche dont la science française a besoin que de changements brusques et intempestifs.
Nous sommes profondément attachés aux missions essentielles du CNRS, faire progresser le champ des connaissances dans toutes les disciplines, valoriser et diffuser les avancées scientifiques et techniques, contribuer à la formation par la recherche. Ce rôle central du CNRS nous paraît l’indispensable complément de la montée en puissance des Universités que nous soutenons. La transformation du CNRS en simples agences de moyens n’est pas compatible avec ces missions. Les réflexions menées au sein de notre communauté ont permis de dégager les propositions de changement qui nous apparaissent nécessaires. Il est dommage pour l’avenir de la recherche en France que vous restiez indifférent à toutes ces propositions. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.
Les directeurs de laboratoires de l’IN2P3 : * Alain Baldit (LPC, Clermont-Ferrand), * Pierre Binétruy (APC, Paris), * Dominique Boutigny (CC_IN2P3, Lyon), * Jean-Claude Brient (LLR, Palaiseau), * Phippe Brion (ULISSE, Annecy), * Yves Charon (IMNC, Orsay), - * Gabriel Chardin (CSNSM, Orsay), * Alain Falvard (LPTMA, Montpellier), * Raffaele Flaminio(LMA, Lyon), * Dominique Guillemaud-Mueller (IPN, Orsay), * Bernard Haas (CENBG, Bordeaux), * Renaud Huynh (Musée Curie, Paris), * Bernard Ille(IPNL, Lyon), * Eric Kajfasz( CPPM, Marseille), * Yannis Karyotakis (LAPP, Annecy), * Serge Kox (LPSC, Grenoble), * Didier Lacour (LPNHE, Paris), * Denis Linglin (MIND, Archamps), * Jacques Martino (SUBATECH, Nantes), - * Fabrice Piquemal(LSM, Modane), * Jean-Claude Steckmeyer (LPC, Caen), * Guy Wormser (LAL, Orsay)

A lire également : Texte d'un doctorant de ma fac (Paris 6) sur le Monde

samedi 14 février 2009

Faites du sport qu'ils disaient

Pour des sédentaires empâtés comme nous, le sport est devenu une véritable nécessité. Ses bienfaits, de la lutte contre la fatigue et dépression à l'allongement de la longévité en passant par une protection contre les accidents cardio-vasculaires, ne cessent d'être démontrés par les chercheurs. Oui, mais le sport ça fait MAL ! Après 3 jours à faire 2 heures par jour de remise en condition physique, me voilà clouée au lit avec des courbatures insensées. Cette situation ne peut qu'être propice à un petit article sur les courbatures et les choses à faire et à ne pas faire pour s'en soulager.

Déjà, que sont les courbatures? Ce sont des douleurs qui apparaissent peu de temps après un effort de type nouveau ou d'intensité accrue. Elles sont les plus douloureuses entre 12h et 48h et peuvent durer jusqu'à 7 jours après l'exercice. Contrairement à une idée reçue, elles ne sont absolument pas dues à l'acide lactique que produisent les cellules musculaires lorsque l'oxygénation du muscle tend à manquer , celui ci étant évacué du muscle dans l'heure suivant l'exercice (fermentation lactique). En réalité, ce sont des micro déchirements de la fibre musculaire qui font si bobo. En effet, dans nos muscles, le pouvoir contractile est assuré par les Sarcomères, assemblement d'actine et de myosine qui glissent l'une sur l'autre, et ce sont ces derniers qui se trouvent désorganisés ou détruits lors d'un effort trop intense.



Schéma et photographie de sarcomères...Ca fonctionne comme des élastiques!

Ces dégats ont plusieurs conséquences, pour commencer, ils engendrent un déséquilibre de l'homéostasie calcique (à mes souhaits). J'explique, pour que les muscles se contractent, les cellules ont besoin de libérations de calcium bien définies dans le temps et l'espace. Or, lorsque les muscles sont abîmés par l'effort, ce calcium est libéré anarchiquement provoquant une raideur musculaire. Ensuite, les fibres étant abîmées, nos braves défenses immunitaires viennent surveiller tout ça provoquant des réactions inflammatoires. On observe également une chute de la force musculaire et parfois des oedèmes. En bref, le muscle est en travaux pour réparation.


Voilà pourquoi après s'être courageusement lancé dans un footing, on se retrouve à souffrir à chaque marche d'escalier. Mais le mieux, c'est qu'il n'existe aucun traitement qui puisse soulager les courbatures. On peut cependant les prévenir en s'échauffant correctement et en s'intéressant au type d'exercice que l'on fait. En effet, tous ne sont pas générateurs de courbatures. Ce sont essentiellement les exercices à contraction excentrique qui font mal (La force de contraction du ou des muscles est inférieure à la force de résistance à laquelle elle est opposée et les leviers osseux s'éloignent : la course en descente, la reception d'un saut etc). En bref, les seuls remèdes sont en fait des aides à la récupération indirectes comme des bains chauds, du repos etc. Et pour tordre le cou à une autre idée reçue, les étirements n'aident en aucun cas à éviter les courbatures!

----------------------------------------------------------------------------------

Sources : sciensport et passesportsanté et volodalen
Et mes cours théoriques de sport à la fac :)

mercredi 11 février 2009

Pécresse, si tu savais...

"Dans les rues Parisiennes, les étudiants chantaient, éducation on t'aime et on veut te sauver", voilà l'un de nos chants de guerre qui animait notre marche hier dans les rues de Paris. Unis, enseignants-chercheurs, personnels et étudiants, nous nous sommes mobilisés à près de 60 000 personnes avec pour mot d'ordre le respect de notre statut.
Mais aujourd'hui encore, j'ai pu lire dans les commentaires du Monde que nous n'étions qu'une bande de fossiles archaïques sans la moindre revendication, tout juste capables de beugler dans les rues. A ceux-là je dédicace mon billet d'aujourd'hui, où je rappellerai ce qui semble s'être perdu dans les méandres de leur cerveau reptilien : Le savoir et l'Education font la richesse humaine d'un peuple.
Les réformes et décrets qui nous sont imposés aujourd'hui attaquent de tout bord le bloc de l'éducation. Des réductions d'effectifs pour les professeurs à la précarisation du statut des doctorants en passant par la masterisation, la gravité de ces changements est bien pire qu'on pourrait se l'imaginer. Mais afin d'être mieux compris du monde extérieur, je vais reprendre quelques thèmes phares sur lesquels nous voulons lutter :

La Masterisation : Il est dit qu'un étudiant voulant passer son CAPES devra faire un master (5 ans d'études) au lieu d'une licence (3 ans). En dehors du fait que cela favorise les inégalités entre les candidats (oui, il faut pouvoir se les payer les 5 ans d'études) et épuise les viviers de professeurs, cela implique également que l'étudiant devra mener de front : un rapport de master (travail de recherche) + la préparation au concours du CAPES qui comme chacun sait, est un diplôme extrêmement difficile à obtenir. Nos profs à la fac nous le disent eux-mêmesc "c'est mission impossible". Par ailleurs, et c'est encore plus grave : à l'époque où un professeur ne devait posséder qu'une licence, il y avait une année entière de stage pratique pour simplement apprendre à être professeur. De plus ce stage était rémunéré. Là le stage pratique se réduit à 2- 3 semaines non payées (il existe une autre forme de stage qui pour 108 heures réalisées serait rémunéré autour de 3000 euros mais leur nombre est limité (inégalité)). Imaginez le désarroi des étudiants et du nouveau professeur dans une telle situation : ce professeur n'aura pas eu le temps d'apprendre comment gérer une classe (ça ne s'improvise pas) et n'aura encore moins eu le temps de préparer des cours consistants !!
En bref, ce projet est très grave, et chacun peut en mesurer sa portée sur la jeunesse...

Autre point, celui du doctorant. Cet étrange animal doit faire le parcours du combattant pour en arriver là sans aucune certitude de financement ni d'emploi. Plus généralement guidé par sa passion, certains en sont réduits à se serrer la ceinture pour pouvoir faire une thèse lorsqu'ils n'ont pas de financement...Mais pour ceux possédant un véritable contrat (avec une paye d'environ 1300 euros net youpi avec 5 à 8 ans d'étude) il leur était autorisé, à eux et à eux seuls de briser ce contrat avec l'encadrant en cas de pépins. Aujourd'hui, l'encadrant lui même pourra briser le contrat pendant les 6 premiers mois si ça ne va pas. Or toute personne plongée dans ce milieu saura que la première année de thèse est très floue, très difficile car on ne sait pas encore ce que l'on va faire exactement, on est généralement submergé et après ça va mieux les années suivantes. Les thésards ne sont pas des objets, si ils en sont arrivés là, c'est qu'ils ne l'ont pas volé, et même si sa tête ne revient pas à l'encadrant, il ne devrait pas avoir le droit de le virer. C'est un manque de respect total, et si l'étudiant est perdu ce n'est pas uniquement de sa faute, loin de là.

L'évaluation des chercheurs : "Haaa ces salauds de fonctionnaires qui ne veulent pas être évalués, c'est parce qu'ils foutent que dalle moi j'vous dit !" Discours entendus maintes et maintes fois. Alors, clarifions quelques points : les enseignants chercheurs sont l'une des seules professions à être évaluée en temps réel. En effet, à chaque publication, un comité de spécialistes va relire l'article et vous dire si c'est de la qualité ou non et en conséquence accepter de le publier ou non. C'est une évaluation. Tous les 4 ans, les laboratoires sont évalués. Si le projet est mauvais et n'avance pas, c'est toute une restructuration de l'unité qui est lancée : c'est une évaluation. Ce n'est pas un métier pour flemmard, et je doute qu'une personne bercée par l'envie de faire 8 ans d'études en arrive là pour ne rien faire de ses journées.
Par ailleurs, le superbe décret de Mme Pécresse prévoit qu'un mauvais chercheur sera "puni "par plus d'enseignement. Splendide. Merci pour les étudiants, en bref, un chercheur qui ne produira pas de la qualité viendra nous faire des cours ! Je n'en dirai pas plus, je crois que c'est évident qu'on est pris pour des imbéciles.


Je ne vais pas m'étaler plus longtemps car ce billet risque de faire 4 kilomètres, mais sachez que ceci n'est que le sommet de l'iceberg. Il faut comprendre que ne pas remplacer 1 enseignant sur 2 est une catastrophe pour la richesse et la diversité de notre éducation. Ça revient à augmenter le nombre d'élèves par classe (qui se voit déjà), ceci menant à une éducation de plus en plus succincte et impersonnelle. Cela revient également à supprimer les matières optionnelles comme l'art, les choix de première et deuxième langue, et généralement la suppression de la 3ème langue. Intelligent dans un système en mondialisation perpétuelle.
Détruire la recherche en maintenant des statuts précaires pour les chercheurs (des paies misérables en comparaison des années d'études : un étudiant fait 8 ans d'étude, pour être ballotté de post doc en post doc où il est payé environ 1500-1600 euros net/mois, peut être après passe-t-il maître de conférence où il sera payé 1800 à 2200 euros net et enfin professeur vers 40-50 ans où là le salaire devient conséquent avec plus de 3000 euros net) ; démanteler le CNRS, et conserver des locaux en mauvais état, c'est se tirer une balle dans le pied. La recherche publique est le moteur de l'innovation, les facs sont un vivier extraordinaire d'intelligence et de nouveauté. Sans les chercheurs, pas de remèdes contre les maladies, pas de fusées dans l'espace, pas de confort au quotidien. C'est certainement pas un sarkozy qui a compris la gravité ou générer la loi de la relativité.

Tout ceci amenant certes à des économies formidables, mais que voulons nous? Un pays avec des gens cultivés, doués d'un esprit critique et d'une productivité accrue grâce à sa formation de qualité? Ou voulons nous d'un pays qui stagne, incompétitif en innovation et improductif? La santé d'une nation passe par la qualité de l'apprentissage qui y est offert. Plus les gens seront instruits, plus ils seront libres de penser et de faire les bons choix pour l'avenir. Le long terme est la seule réponse à la crise qui a été engendrée par une mentalité à court terme.

Alors chers ennemis politiciens, commencez donc par augmenter les salaires des cerveaux de votre nation, donnez leur les moyens de faire une recherche de qualité avec des locaux décents , poussez la jeunesse de votre pays à découvrir la richesse de ce monde et à en apprécier la diversité. Investissez dans l'humanité au lieu d'investir en bourse. Rendez à l'Université son rôle d'antan : créer les futurs cadres moyens et supérieurs de ce pays au lieu d'en faire une usine à chômeurs. Changez la mentalité des entreprises qui ne veulent pas faire confiance aux rejetons de la fac, alors qu'ils ont en eux l'une des capacités majeures requises : l'autonomie. En bref, respectez nous et arrêtez de nous prendre pour des cons. Merci.

Et une vidéo en prime, pour voir les mensonges et contre-vérités de notre président...Et je vous laisse admirer le mépris avec lequel il parle de nous...

jeudi 5 février 2009

Dolphin's style

Un grand dauphin de l'océan Indien (Genre Tursiop)
+

Une éponge (Amphimedon)
=

Un grand dauphin de l'océan indien avec une éponge sur le rostre !
!!!

Excentricité de nos chers cétacés? Fashion victim aquatique? Que nenni. Cet apparat est en fait un gant-pour-rostre de protection. En effet, ils ont pour habitude de fouiner dans les fonds marins pour y trouver leur nourriture, mais c'est sans compter sur les nombreux éléments pouvant blesser leur sensible bec (récifs coralliens coupants, crabes en colère etc...). Ainsi, pour se protéger, ils eurent la brillante idée d'aller cueillir une pauvre éponge qui n'avait rien demandé, et de la garder sur le museau pour fouiller tranquillement sans plus risquer de se blesser.
Nous savions les dauphins intelligents, mais là c'est la première démonstration de l'utilisation d'un outil par ces animaux. Mais encore mieux. Ce n'est pas un fait totalement isolé, plusieurs animaux ont été observés avec un éponge sur la tête et, comme de par hasard, il s'agissait uniquement de femelles (bon un (seul) mâle a été observé aussi j'admets.). Les chercheurs ont alors pensé à une transmission de cette technique de dauphin à dauphin, mais sous quelle forme? Les transmissions de techniques peuvent se faire génétiquement. Imaginons par exemple un gène de "lesépongesc'estbien" qui aurait pu se transmettre à partir d'une femelle à toute sa descendance. Mais après avoir fait toutes les combinaisons possibles de transmission, aucun modèle ne correspondait à la réalité.

Une classe défiant tout JPG et autres nostyles parisiens

Ils ont alors pensé à une transmission par apprentissage. En effet, une femelle aurait eu cette brillante idée puis aurait transmis l'astuce à ses petites. Le mystère reste entier sur pourquoi les femelles et non pas les mâles? Quoiqu'il en soit, cela nous montre encore une fois à quel point les dauphins sont des animaux astucieux et intelligents. L'utilisation d'outils et la transmission de génération en génération d'une technique acquise ressemble fortement à de la culture; et l'observer chez des populations non humaines fait toujours mouche chez nos amies éthologues. On se sent tout de suite moins seuls !



Sources :

Smolker R.A. et al. (1997) Sponge-carrying by Indian Ocean bottlenose dolphins: Possible tool-use by a delphinid. Ethology 103:454-465