mardi 13 avril 2010

Epic Frog Fail

Salut à tous,

En ce moment, j'ai vraiment pas le temps de faire des billets, stage terrain oblige. Du coup je vous fais partager les petits bidules qui me font marrer comme cette vidéo, que j'ai découverte grâce à une amie (Merci Ambre :).



Quand même...!!!

dimanche 11 avril 2010

Bernard à Hollywood

Bonjour à tous!
Ce billet est un billet particulier, puisqu'il consiste en une vidéo, que j'ai fait à Roscoff lors de mon stage en biologie et écologie marine. Étant une fan invétérée des Bernard l'hermite, je me suis fait le plaisir d'en ramasser tout un tas lors de nos échantillonnages sur le littoral et de les ramener dans notre aquarium. J'en ai pris un certain nombre, les plus petits en fait, et je leur ai proposé tout un tas de coquilles vides pour espérer observer des changements de coquilles (pour plus d'information, il faut lire mon poste précédent qui traite de ce sujet).

Donc je suis fière de vous présenter mon premier micro-reportage, avec des commentaires dignes d'une future Attenborough. Non sérieusement je suis désolée des commentaires que je fais sur la vidéo, je n'avais pas pensé qu'un jour je la publierai sur mon blog. Donc aux puristes : prendre cette vidéo avec humour !




Remerciements spéciaux à Matthieu pour m'avoir prêté son appareil numérique, et m'avoir fait un super zoom sur la fin. Et à Lorelei pour son enthousiasme sur toute la fin de la vidéo ;).

Aucun animal n'a été blessé lors du tournage, et tous les individus ont été relâchés dans leur milieu naturel :).

Ps : je n'avais finalement pas, après vérification, d'animal dans ma chaussure.

mardi 23 mars 2010

Bernard l'ermite

Lors d'une balade au bord de l'océan, en fin de soirée, j'ai pu observer quelque chose d'assez extraordinaire et, ma foi, plutôt amusant : des milliers de Bernard l'ermite roulant boulant dans les vagues, s'échangeant pendant les quelques secondes de répit, des coquilles plus ou moins saillantes.

Magnifique photo de Bernard l'ermite.

La scène était très impressionnante et m'a donné l'envie d'en faire un petit sujet. En effet, la vie de Bernard l'ermite est pour le moins mouvementée. Dotés d'un abdomen tout mou et hautement fragile, la plupart de ces crustacés décapodes doit se munir d'une coquille vide provenant d'un autre organisme afin de se protéger du monde extérieur. Le problème, c'est qu'au fur et à mesure de la croissance, il leur faut trouver de nouvelles coquilles qui épousent au mieux leurs formes (oui j'abuse avec l'image vestimentaire je sais).

Ha ben c'est tout de suite moins mignon quand ça n'a pas de coquille...

Et ce n'est pas une mince affaire ! Les ressources en coquilles vides sont rares et hautement convoitées. Ainsi, plusieurs stratégies sont utilisées : une attitude de recherche au hasard, des réunions aux zones riches en coquilles et l'échange entre individus. Les deux dernières méthodes, souvent réunies en une seule sont très efficaces. En effet, les Bernard l'ermite sont attirés vers les zones de prédation de coquillages (consommés par divers prédateurs qui n'abiment pas la coquille), et viennent donc attendre l'arrivée d'une nouvelle coquille bien fraîche.
Premier arrivé, premier servi ! L'individu essaie donc la coquille et si celle ci ne lui plait pas, il entame alors une chaîne d'échange avec ses congénères présents sur place. Ainsi, on peut observer un vrai marché de la coquille lors de ces grands rassemblements.

Et il faut savoir que ces charmants animaux sont fines bouches. Considérant l'importance de la coquille dans les différentes histoires de vie de l'individu, que ce soit en terme de protection envers les prédateurs, en croissance, reproduction etc, un véritable choix est fait par l'individu pour l'espèce, taille, forme, et solidité de la coquille.

Ceux ayant des Bernard l'ermite domestiques, leur offrent parfois des coquilles peintes. Qu'en pensent les intéressés?

Et d'autres espèces ont développés des stratégies encore plus intéressantes pour optimiser leurs coquilles. C'est le cas du Grand Bernard l'ermite : Dardanus pedunculatus, qui vit en symbiose avec une anémone Calliactis parasitica. Celle ci, habituellement bien fixée sur son substrat se laisse prendre dans les pinces du Bernard qui la pose sur sa coquille à laquelle l'anémone se cramponne fermement. A chaque changement de coquille, le Bernard récupère sa petite anémone et la remet sur sa nouvelle coquille. L'avantage pour le crustacé est évident : recouvert d'une anémone aux tentacules urticants, peu de prédateurs vont s'en approcher. De son côté, l'anémone elle, récupérera les déchets faits par le Bernard quand celui ci se nourrit de proies.
Génial non?

Un grand Bernard l'ermite et deux anémones sur la coquille. Trouvée ici

Un autre Bernard l'ermite fait également une symbiose, mais pas avec une anémone, mais avec une éponge de mer. Dans cette symbiose, l'histoire est légèrement différente. Le Bernard prend une coquille, puis l'éponge (Ficulina ficus par exemple) se pose sur cette dernière. Mais cette éponge a la caractéristique particulière de sécréter une substance dissolvant le coquillage. Ainsi l'éponge se retrouve en contact direct avec le Bernard. L'avantage de porter une éponge plutôt qu'un coquillage, c'est que le crustacé n'a plus besoin de passer du temps à chercher de nouvelles coquilles ! L'éponge se modèle en fonction des formes de son hôte ! En échange, l'éponge, tout comme l'anémone, récupère les divers déchets produits par le Bernard l'ermite.


Autres espèces que celles dont j'ai parlé, mais même histoire. "Photographié à Thau, ce Bernard l'ermite très caractéristique des milieux marginaux est entouré d'une éponge Suberites domunculus, « domunculus » signifiant « petite maison »." Site source

Donc voilà quelques histoires amusantes sur nos cousins lointains les Bernard l'ermite !

Et ça c'est parce que ça me fait beaucoup rire et que je trouve que le monsieur qui fait ces dessins est très drôle voilà.
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Sources :

Shell recruitment in the Mediterranean hermit crab Clibanarius erythropus Journal of Experimental Marine Biology and Ecology Volume 381, Issue 1, 30 November 2009, Pages 42-46 doi:10.1016/j.jembe.2009.09.001

Effects of shell fit on the biology of the hermit crab Pagurus longicarpus (Say)
Journal of Experimental Marine Biology and Ecology Volume 243, Issue 2, January 2000, Pages 169-184 doi:10.1016/S0022-0981(99)00119-7
Shell acquisition by hermit crabs: which tactic is more efficient? Behavioral Ecology and Sociobiology 60 (4): 492–500. doi:10.1007/s00265-006-0191-3.

http://www.uemis.org/fr/magazine/nature_et_science/symbiose_et_commensalisme
http://en.wikipedia.org/wiki/Hermit_crab
http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=4451

samedi 20 février 2010

Infectobesity

1 Milliard, c'est le nombre d'adultes en sur-poids estimé dans le monde. 300 millions d'entre eux seraient obèses. Chez les enfants de moins de 5 ans, le tableau est tout aussi effrayant avec 17.6% en sur-poids. Depuis le début des années 80 jusqu'à maintenant, la prévalence de l'obésité dans le monde, que ce soit dans les pays développés ou ceux en voix de développement, a littéralement explosé. On top of the list, on trouve bien sur nos voisins trans-atlantique Américains avec près de 30.6% de leur population obèse et 65.7% en sur-poids !

Ces chiffres sont bien sur un désastre pour la santé publique et l'obésité a été officiellement nommée problème de santé numéro un aux states en 2001 lors d'un meeting sponsorisé par l'American Society for Nutritional Sciences.


La question qui se pose alors est "Quelle est donc la cause d'une si soudaine et importante épidémie d'obésité?". Sachant que cette pathologie possède de multiples origines, aussi bien génétiques qu'environnementales, la question est difficile. Aucune des communes propositions, comme les changements de régime alimentaire, ou la sédentarité croissante, ne pouvaient expliquer à elles seules la rapidité de la prise de poids mondiale.
Certains chercheurs comme Richard Atkinson et Nikhil V. Dhurandar ont alors proposé une hypothèse pour le moins originale. Et si l'"épidémie" dont nous parlons en serait réellement une? Au sens viral du terme.

L'idée n'est pas neuve, en effet, en 1982 des chercheurs mettent en lumière pour la première fois un virus, le "Canine Distemper Virus" capable d'engendrer l'obésité chez des souris. Suite à cette découverte, 5 autres éléments pathogènes vont être accrochés au tableau des virus provoquant l'obésité chez les animaux infectés.

Deux souris, dont une obèse, sauras-tu trouver laquelle?

L'un d'entre eux, SMAM-1, un adénovirus (virus à ADN) aviaire fut découvert suite à l'augmentation du taux de mortalité de poulets dans une ferme en Inde. Les chercheurs ont alors remarqué que les animaux contaminés possédaient beaucoup plus de graisse que les autres. De plus, les individus pouvaient se contaminer les uns les autres simplement par l'air. Pire, les humains présentant ce virus dans leur organisme présentait les mêmes symptômes.
Cette nouvelle, mettant à sac l'idée selon laquelle les virus aviaires ne pouvaient se transmettre aux humains, donna également une dimension différente aux 51 adénovirus qui peuvent nous contaminer. Parmi ces derniers, Ad-36, responsable majoritairement d'infection au niveau respiratoire, fut le premier à être examiné. Et les résultats furent plus qu'étonnants.

En effet, lors d'une étude sur 502 personnes obèses et non obèses, faite aux Etat-Unis, la prévalence du virus, c'est à dire la présence d'anticorps* contre ce virus dans l'organisme, était de près de 30% chez les obèses, et seulement de 11% chez les non-obèses**. Mais mieux que ça, l'indice de masse corporelle était significativement plus élevé chez les obèses et non obèses contaminés que chez les obèses et non obèses non contaminés (voir le tableau ci dessous).
En résumé, les gens qui ont été en contact avec ad-36, ou le sont toujours, présentent un poids et un taux de graisse plus élevé que les autres.

Tableau tiré de la publication [1] montrant les résultats de BMI en fonction de la présence d'anticorps.

Une étude sur des jumeaux a également été conduite, montrant que lorsque l'un des deux présentait des anticorps et l'autre non, celui ci était significativement plus gros que son frère sain. Tout ceci confirmant l'hypothèse selon laquelle l'adénovirus ad-36 pourrait être responsable d'une prise de poids et peut-être en partie, de l'épidémie mondiale d'obésité et sur-poids.

Encore plus mystérieux, il faut savoir que cet adénovirus fut découvert chez une jeune fille en 1978 et que le début de l'épidémie est datée de 1980. La coïncidence n'en est qu'une, mais laisse penseur.

Mais comment ça marche me direz-vous? Hé bien, d'après les études qui ont été conduites, il semblerait que ce virus favorise la différenciation des pré-adipocytes en adipocytes matures (voir la figure ci dessous). Pour tous ceux que je viens de perdre : la différenciation cellulaire, c'est le passage d'un stade cellulaire à un autre, et les adipocytes, ce sont les cellules responsables de la petite bouée que vous avez au niveau du ventre! Ce sont ces cellules qui stockent les graisses ! Et Ad-36, qui a la capacité de les coloniser, favorise leur maturation en cellules biens fonctionnelles, et augmente leur capacité de stockage et leur nombre. D'autres mécanismes ont été proposés, mais là c'est trop compliqué, et les 3 pékins qui sont arrivés à ce stade de l'article vont finir par me laisser seule avec mes histoires de gras.
Figure, ô combien superbe, que j'ai dessinée sous word puis collée dans paint (ouais, j'ai aucun skill en image et surtout, aucun matos). Bref, c'est très grossièrement ce qui arrive à une cellule immature quand elle est infectée par Ad-36 !

En bref, Ad-36, un petit virus supposé totalement inoffensif est peut-être, en partie responsable du plus gros (sans mauvais jeux de mot) problème de santé du 21ème siècle !! Mais cette découverte laisse aussi place à l'espoir. En effet, qui dit virus, dit vaccin ! Ceci pourrait éventuellement permettre de diminuer le taux d'obésité dans le monde.



Mais il reste clair, mes amis, que l'obésité, c'est aussi dû en grande partie à un mode de vie quelque peu décadent. On mange beaucoup, souvent mal, et surtout on bouge peu. Sachez que le sport est essentiel, pour maintenir la ligne, mais aussi améliorer considérablement votre santé et votre espérance de vie !
Ceci était un message du ministère de votre dévouée étudiante en sciences.
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* Les anticorps sont produits par le système immunitaire lorsqu'il rencontre un élément étranger, comme les virus. Ces anticorps, parfaitement spécifiques au virus qu'ils combattent, sont facilement détectables grâce aux méthodes de laboratoire. Donc lorsque l'on découvre un anticorps particulier dans un organisme, on peut en déduire qu'il est infecté, ou a été infecté par l'élément correspondant à cet anticorps.
**On peut noter que dans certains cas, le sérum ne présente pas d'anticorps (ils ne sont en tout cas, pas détectés) même si l'individu est contaminé : donc attention, la prévalence peut-être sous estimée !


Pour ceux qui sont restés sur leur faim, je vous invite vraiment à lire les articles que j'ai mis en source ! C'est très clair, mais ça s'adresse à un public amis avec l'anglais et surtout ayant un minimum de bases en biologie et physiologie.

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Sources :
  • Dhurandhar N, Atkinson R, and Ahmed A. Obesity of infectious origin – a review. Growth Genet Horm 20: 33-39, 2004.
  • Greenway F. Virus-induced obesity. Am J Physiol Regul Comp Physiol 290: R188-R189, 2006.
  • [1]Atkinson R. Viruses as an Etiology of Obesity – a review. Mayo Clin Proc. October, 2007 82(10):1192-1198; doi:10.4065/82.10.1192
  • Van Ginneken V, Sitnyakwsky L, Jeffery J. Infectobesity : viral infection (especially with human adenovirus-36: ad-36) may be cause of obesity. Med Hypotheses, 2009 doi:10.1016/j.mehy.2008.11.034.
  • «Fat Factors » by Robin MARANTZ HENIG in The New York Times (August 13, 2006)
  • L'OCDE en chiffres 2005. Un supplément à L'Observateur de l'OCDE
  • http://www.nature.com/ijo/journal/v32/n3/pdf/0803748a.pdf


dimanche 14 février 2010

Nouvelle adresse mail

Salut les jeunes,

Changement d'adresse pour ceux qui veulent me contacter ( et qui veulent une réponse ) :

Nanimoland|at|yahoo.fr

L'autre adresse étant une vieille adresse perso que je ne regarde qu'une fois l'an, il m'arrive de louper des mails qui sont toujours super sympathiques. Donc si vous aussi, vous avez des questions, sur le blog, son contenu, son contenant, ou des questions sur la bio en général ou les filières de sciences, je suis à votre disposition.
Je suis aussi alerte pour tous ceux, et ça arrive, qui me posent des petits défis, avec des questions farfelues ou non.
A vos mails !

Promis je répondrais cette fois.