mercredi 10 décembre 2008

Partiel et humour

Salut à tous,

Non je ne suis pas morte et ne suis pas non plus planquée sous mon matelas avec toutes mes économies, non, je suis simplement en période de révision pour mes chers partiels. Ceci étant ma meilleure excuse pour n'avoir rien écrit depuis des lustres. Pour me faire pardonner et vous faire patienter jusqu'à la fin de mon calvaire (qui se termine lundi), voilà une petite blagounette que tout le monde connait mais qui ne fait jamais de mal à être relue !

mardi 18 novembre 2008

La crise ! Bouh

Ce n'est pas parce que je suis une scientifique que je suis déconnectée du monde. Tout le monde parle de la crise, les cours s'écroulent, c'est la fin du monde, nous allons tous mourir et bla et bla. Mais vraiment, qu'est ce que c'est l'économie? Comment ça marche tout ce bazar et en quoi ça nous regarde? Si vous non plus vous ne captez rien à toutes ces histoires de banque, cette vidéo est pour vous. Tout est expliqué depuis le début de l'histoire de l'argent jusqu'à aujourd'hui. Même si elle est un peu longue je vous promets que cette vidéo va changer un peu voire beaucoup votre vision du monde et vous réaliserez à quel point notre économie est absurde.



L'Argent Dette de Paul Grignon (FR intégral)
envoyé par bankster2008

Special thanks to Omar

lundi 17 novembre 2008

Being a Brain


Notre cerveau est certainement l'organe le plus fascinant du monde, il éveille la curiosité de chacun, il se pose des questions sur lui même. Et souvent la star de ces questionnements est le neurone. Injustice ! Certes nos neurones font du bon boulot, mais ils ne seraient rien sans leurs coachs personnels, sans ces cellules si attentionnées que sont les cellules gliales. Vous n'en avez jamais entendu parler? Rien d'étonnant, ces travailleuses de l'ombre ne sont jamais mentionnées et pourtant je vais vous démontrer très simplement à quel point elles sont essentielles :

Les cellules gliales composent 90 % de notre cerveau...Et les neurones occupent le reste, c'est à dire 10 %. Et c'est de là que vient la rumeur fumesque que nous n'utilisons que 10% de nos capacités.

Mais qui sont ces cellules gliales me direz vous? Et bien, il en existe de plusieurs types, on a les astrocytes et les oligodendrocytes composant la macroglie, les cellules microgliales et les cellules épendymaires. Toutes jouent des rôles de la plus grande importance pour nos neurones.


Par exemple, les astrocytes se lient avec les capillaires sanguins et les neurones pour transférer le glucose (ou le stocker) du sang vers leurs neurones quémandeurs. Ces astres du cerveau s'occupent aussi de "nettoyer" les synapses. En effet, vous savez que les neurones communiquent entre eux par des espaces synaptiques, à chaque message envoyé, l'espace se remplit de messagers chimiques dont il faut enlever le surplus par la suite et le recycler. Et ça ce sont les astrocytes qui le font. En bref, les astrocytes ont pour rôle d'alimenter les neurones en energie (glucose) et de veiller à la bonne communication neuronale en s'occupant de la fente synaptique.


D'autres cellules interessantes sont les oligodendrocytes. Ces dernières ont pour rôle de myéliniser les axones neuronaux. Quésaquo? C'est simple, les neurones possèdent tous un axone à travers lequel passe le courant éléctrique. Or, sur une certaine distance, un courant perd en intensité si le câble n'est pas isolé.



Tadaaah, les oligodendrocytes s'enroulent amoureusement autour des axones formant des gaines de myéline qui isolent plus ou moins l'axone selon les besoins ! Cela permet d'augmenter la vitesse du signal et minimise les pertes.


Et enfin je parlerai de la microglie que l'on pourrait appeler les flics du cerveau. Ce sont des cellules très spéciales dérivant de cellules du système immunitaire : les monocytes. Ces derniers se transforment en microglie amiboïde puis en microglie ramifiée. Dès qu'un élément pathogène est repéré, ou que des cellules mortes doivent être nettoyées, la microglie entre en jeu. La microglie ramifiée se retransforme en microglie amioïde qui se déplace jusqu'à l'agent à supprimer, et comme les monocytes, ces cellules peuvent phagocyter (autrement dit gober) les éléments à détruire.
En bref, si de telles cellules sont repérées dans une zone du cerveau, cela indique que cette zone est en souffrance.

Donc voilà, cet article est un très bref survol des capacités de ces magnifiques cellules, mais je tenais à rétablir la vérité. Une grande partie de notre intelligence et de notre complexité vient de ces cellules qui entretiennent nos neurones et les aident à communiquer.
D'ailleurs, vous savez que Einstein possédait un cerveau plus petit que la moyenne n'est-ce-pas? Oui mais c'était sans compter que la partie gauche de son cerveau, c'est à dire la partie analytique possédait visiblement beaucoup plus de cellules gliales que la moyenne !

Ceci explique cela !!!

Noël Ensemble


Bonjour les amis,

D'ici un mois environ, c'est Noël, et en grands chanceux que vous êtes vous aurez certainement des cadeaux. Mais plein d'enfants n'ont pas cette chance et c'est pourquoi Pénélope Jolicoeur, la célèbre bloggeuse à la vie fascinante a créé un site internet :



En partenariat avec Orange et La croix-rouge, ce site a pour but de collecter des sous pour offrir des cadeaux aux n'enfants qui n'en ont pas. Mais le mieux c'est que vous n'aurez ni pub, ni dons obligatoires ni quoique ce soit. Vous aurez juste à regarder avec vos yeux, en effet, les visites seront comptabilisées, et seront transformées en euros pour les cadeaux !!! C'est aussi simple que ça les amis !

Alors profitez-en, vous aurez les meilleurs bloggeurs du net qui feront chaque jour un dessin humoristique, c'est super gentil, et tout le monde peut enfin participer !

A bientôt les gens, et allez y en masse, je compte sur vous !

vendredi 14 novembre 2008

La fête des sciences, heure du jugement

Premier jour achevé, j'ai plus de jambes, mais ça en valait vraiment la peine. Commençons par le commencement : Le lieu d'exposition est au grand Palais, qui est tout simplement magnifique, ensuite, vous êtes invités à vous balader, visiter, virevolter dirais-je même d'un stand à l'autre, papillonnant de la génétique à la physique quantique en passant par des ateliers amusants comme la cristallisation des protéines (sur 6 essais, j'ai réussi à en faire un beau, les autres ressemblaient à rien mais c'est pas grave lol), l'extraction d'ADN de banane (bon c'est pour les 8-12 ans et j'ai pas réussi à m'incruster, mais c'était trop mignon) et autres jeux fous.

Le grand Palais à paris

Par ailleurs, je tiens à dire que mon université : Pierre et Marie Curie est fortement représentée là bas, avec moult de mes professeurs (notamment dans la partie biologie du développement). Et je tiens à souligner que les professeurs, chercheurs, intervenants sont tous très très sympas, abordables et passionnés...C'est une chance de pouvoir les voir et je vous incite d'autant plus vivement à y aller.

Ma sélection personnelle se dirige vers le café des sciences qui est un espace aménagé au première étage où l'on peut s'asseoir tranquillement autour d'une table et écouter des gens parler autour d'un sujet, débattre, inter-agir quelque soit son niveau; la biologie du développement (évidemment) où vous verrez plein de tétards de xénope, des drosophiles, des oursins, des divisions cellulaires en direct live, et vous apprendrez même à faire des coupes de cerveau au cryostat (j'me suis trop craquée à ça d'ailleurs, mais c'était fun).

Tétard de Xenope

J'ai beaucoup aimé aussi les expositions sur la physique quantique où vous voyez des particules en lévitation, des pièges optiques, des tsunamis, et des tas d'expériences de folies. Le stand d'écologie environnementale évidemment est aussi très bien, avec tous les instectes, les araignées (la chercheuse qui tient ce stand est très interessante) et les plantes.

Vous ne rêvez pas, ce supraconducteur est bien en train de léviter, le secret? L'azote liquide ;)

Et le coup de coeur de la journée va à la zone de théatre (cachée derrière la biologie du dev) où j'ai vu des chercheuses faire du hullahoop avec un supra conducteur lévitant sur un anneau d'aimant, et un physicien absolument tordant vous mimant la tronche d'une particule lorsqu'on la prend en photo.

Non vraiment, allez y vite, c'est gratuit, c'est génial, c'est fascinant...L'accueil est super, et franchement, vive la SCIENCE!!!!!!!!!!

jeudi 13 novembre 2008

La fête des sciences !

Oyé Oyé,

Pendant les 14-15-16 Novembre s'ouvre la fête des sciences à Paris au grand Palais. Au menu, ateliers découvertes pour les petits et les grands, démonstration de la vie en laboratoire de recherche, discussions et débats sur la science et les théories.

Tous les thèmes seront abordés, de la biologie à la robotique en passant par l'informatique, la médecine, la géologie, j'en passe et des meilleurs.


J'espère que vous irez nombreux à cet évènement, en tout cas, moi j'y serai !!!!!

mercredi 12 novembre 2008

Spider spider

Tard dans la nuit, après des journées éprouvantes à travailler dur et à rester tard dans une fac où l'on est empoisonné par des peintures toxiques, par l'amiante, ou coulé sous les fuites d'eau en amphis qui font sauter l'électricité pendant un contrôle continu de BV (oui oui ma fac est première d'europe), je continue ma recherche d'histoires folles et passionnantes que nous offrent nos amis les animaux.

Certes, l'animal que je vais vous montrer là n'est pas forcément le meilleur ami de l'homme, mais regardez cette vidéo, et si vous n'êtes pas perchés sur votre chaise la tête planquée dans un sac, vous verrez que même ces animaux de cauchemar sont des génies, inventifs, surprenants et tout simplement imbattables.

Je vous laisse admirer les talents de chasse de cette araignée gladiateur, qui, comme l'explique mon très respecté Attenborough, prépare son piège (en toile très spéciale) et le tend jusqu'à ce qu'une innocente proie passe par là, et PAN!


Araignée Gladiateur - Humour

mardi 4 novembre 2008

All the parrots in the house put your wings up

L'autre jour je réfléchissais à l'existence ou non d'animaux sensibles à la musique, comme nous les humains. Instinctivement, dès le plus jeune âge, on a cette tendance à se dandiner dès l'apparition d'un rythme. Je me demandais donc si danser sur de la musique était le propre de l'humain eh bien non, et cette vidéo en témoigne :

Ce perroquet nommé snowball danse mieux que beaucoup d'humains je dois dire et c'est vraiment amusant à regarder. Vous noterez qu'il est parfaitement en rythme et avec des effets de style en plus !


video


En parcourant Utube, il semblerait que les animaux de type perroquet soient globalement sensibles à la musique, mais ça serait intéressant de savoir s'il y en a d'autre, faites moi signe si vous avez des documents à ce sujet :)

samedi 25 octobre 2008

La question de la semaine

Dans l'article que j'ai précédemment cité dans mon dernier article, une phrase m'a particulièrement fait bugger dans le métro :

"Les mathématiques sont elles découvertes ou inventées?", alors je sais que vous participez peu à ce blog, mais j'aimerais avoir votre opinion sur le sujet. La mienne se résume à peu près au dialogue suivant :

Test d'oursin
De moi à moi même :

-"haha, inventées bien sûr ! elles sont le produit de notre cerveau, les mathématiques n'ont d'existence propre que dans les cerveaux de leurs concepteurs : nous"
-"Ha ouais mais quant t'y penses, elles sont juste mises en lettre avec nous, mais elles semblent exister immatériellement d'elles-mêmes ... Nous ne faisons que traduire en langage ce qui existe naturellement..."
-"Oui mais si nous n'existions pas pour en parler, les mathématiques auraient-elles un sens?"
-"Ben nan puisqu'on n'existerait pas hé banane, la question n'est pas le sens de l'existence mais l'existence elle même"
-"ha oui, je pense en fait que les mathématiques sont. Tout autour de nous peut s'écrire en équation, les feuilles d'un arbre sont toujours espacées d'une même distance, une toile d'araignée a une structure d'une géométrie idéale, même le test d'un oursin semble batti selon des règles mathématiques bien précises"
-"Oui, mais ces règles c'est toi qui les énonce, bref, me ferai bien une tartine de nutella moua"
-"Ouaip, pis y a les experts façon"

Fractale naturelle : chou de romanesco

L'art de la science

"[...] Aucun point commun entre science et art?

Voire...Le grand Poincaré (Henri, le mathématicien !) a dit :"Il faut faire des mathématiques en artiste". Et l'extraordinaire Pierre-Gilles de Gennes, lauréat du prix Nobel de physique, prônait un "style", en science. Ce qui est certain, c'est que l'activité scientifique fait une sélection dans l'ensemble des questions posées à la curiosité humaine, et, même, un choix dans les mécanismes possibles. Albert Einstein, comme avant lui le physico-chimiste britanique Michael Faraday (connu pour sa cage, surtout, mais qui découvrit aussi le benzène, et l'induction électromagnétique qui fait marcher tous les moteurs électriques), avaient dans l'idée que ce qui était simple était plus probable que ce qui était compliqué. Une question de style, à nouveau : une question de goût, une question artistique.

Ce qui nous conduit à Bilbao, au coeur de l'exposition Guggenheim, où sont exposées les sculptures gigantesques de Richard Serra, qui nous obligent à y pénétrer ! Tout comme le roman bien fait (classiquement) où la première page nous happe. Tout comme l'accord qui lance le chant...dont nous voulons absolument entendre la totalité. L'art capte ! Pourquoi? La construction, la structure qui est proposée suffit-elle à stimuler dans notre cerveau un mécanisme ancestral. C'est un fait que quelques étoiles dispersées dans le ciel nous font suivre des segments...pour finalement reconnaître des casseroles qui n'y sont évidemment pas. Est-ce cela l'art, finalement : proposer des structures que notre cerveau, machine à reconnaître des "formes" ne peut s'empêcher d'aller rechercher?"

J'ai extrait ce texte de l'article "Eloge de la connaissance!" écrit par le chimiste Hervé This, dans la toute nouvelle revue culturelle que je vous conseille "Delicious Paper".

La honte

Je viens de finir l'excellent reportage de la BBC datant de 2003 : The elephant emperor and the butterfly tree qui est une superbe mise en vidéo d'interactions entre différentes espèces, du végétal à l'animal. Entre différentes scènes montrant des éléphants patoger dans la boue et des guêpes pondant leurs oeufs dans les oeufs de chenilles, apparait cette séquence qui m'a fait vraiment sourire. Ces caméléons sont des tueurs, mais ils sont vraiment ridicules de maladresse des fois...

video

Cache à l'eau

Les Cachalots, ou spermwhales en anglais, sont les plus grands animaux dentés de cette planète et peuvent se venter par ailleurs d'avoir le plus gros cerveau du monde. Cependant, malgré une taille quelque peu conséquente, ces animaux sont peu connus et peu observés et ceci pour la simple et bonne raison que ces animaux sont rarement à portée d'objectifs. En fait, ils passent des heures entières dans les abysses océaniques, allant parfois jusqu'à 3000 mètres de profondeur où ils semblent se faire un festin de calamars géants.

Nageoire caudale de cachalot, appelée "hand of god" par les baleiniers à cause de sa puissance de destruction et des nombreux morts qu'elle a causés lorsque les baleines se défendaient.

Comme vous le savez certainement, ces mammifères marins sont en danger de disparition, pourquoi? Parce que comme d'hab, notre super espèce les a chassés abusivement pour récupérer une huile très précieuse : Le spermacéti. Ce nom peu ragoutant désigne une substance blanchâtre et visqueuse (pas besoin de beaucoup d'imagination pour faire le lien entre le nom et l'objet) que l'on retrouve dans l'énorme tête du cachalot. Cette substance riche en acides gras était prisée pour la fabrication de savons, huile lubrifiante pour machine et cosmétique (miam).

Personne panique, c'est un faux, construit de toute pièce, l'organe contenant le spermaceti est en haut en blanc


Une question est peut-être venue à votre esprit en lisant mon texte : "Pourquoi les Cachalots ont-ils plein d'acides gras dans la tête???". Hé bien, vous l'aurez peut-être déjà constaté : le gras flotte. Et c'est tout le rôle de notre spermaceti, c'est un balaste naturel. "Oui j'veux bien te croire Lydie" me direz vous, "mais alors comment le cachalot fait pour plonger? ". Here comes the Biochemistry that I love so much :). Les acides gras ont des propriétés chimiques changeantes en fonction de l'environnement : à des températures ambiantes et élevées (comme la température corporelle du cachalot d'environ 37°C), les acides gras sont de très faible densité, ils s'étalent pour faire simple, mais quand la température diminue, les acides gras gagnent en densité, ils cristallisent formant des blocs de graisses solides. Imaginez alors, l'effet d'une eau froide sur les 4 tonnes de spermaceti contenues dans la tête de nos cachalots ?


Bingo, plus le cachalot descend plus la température diminue, plus son énorme tête l'aide à descendre de plus en plus bas, et quand il en a marre, il remonte et permet ainsi au spermaceti de se décongeler. C'est l'un des nombreux modèles de balastes naturels que l'on peut trouver dans la nature, mais j'ai trouvé ça plutot fun d'avoir 4 tonnes de graisses dans la tête, c'est parfois le sentiment que j'ai après certains cours.

dimanche 5 octobre 2008

Le maître mot.

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" disait Rabelais, oui, mais conscience sans science n'est qu'un gros mot.

Sacré Problème !

Je laisse place à mon père qui a produit un petit article pour mon blog (merci à lui). Quand la science fait place à la philosophie des sciences :).

La science met en évidence les merveilles de la nature mais aussi nous confère une puissance de domination sur cette même nature. Ce sont des faits.

Nous savons, de l’atome à l’étoile, découvrir les secrets. Nous sommes les maîtres de l’univers ! C’est un ressenti.

Cependant notre science ne fait que disséquer ce qui existe. Elle ne crée rien du néant. Elle peut certes réaménager ici où là certaines pièces du puzzle pour faire apparaitre des structures qui n’existaient pas à l’état naturel mais rien n’est issu de rien.

Saperlipopette, notre science serait-elle limitée ? Pour nous inquiéter davantage elle découvre elle-même les limites de sa compétence en analysant la structure intime de la matière.

Nous ne sommes plus vraiment les maîtres de l’univers alors !

Bon, nous nous rassurons en estimant que, si des limites existent à notre pouvoir, cela n’est que provisoire. La science nous apportera la suprématie ultime avec le temps.

Heu, bon, mais la suprématie ultime sera donc pour la fin des temps ! Outre que cela fait long, la science affirme que plus de temps signifie plus d’espace et donc plus d’homme pour savourer sa victoire ultime grâce au temps ! Grosse fatigue…

Voyez bien, diront certains, la science ne remplacera jamais Dieu. Lui, il crée à partir du néant et existe dans et hors du temps (par définition). L’homme peut atteindre pour l’éternité la proximité de ce Dieu et, en comparaison, toutes ces prétentions humaines à se vouloir maître de l’univers sont bien puériles. Quant à vous, les scientifiques, cessez d’affirmer qu’il n’existe pas parce que vous ne parvenez pas à l’isoler dans vos éprouvettes !


Alors, fondamentalement, foi en la science qui ne prouve rien ou foi en Dieu que rien ne prouve ?


Vous êtes vous fait, amis lecteurs, une religion à ce sujet ?

MUKUNDA

lundi 29 septembre 2008

Question pour un champion


Imaginons que vous êtes dans une cage, aux barreaux de laquelle je fixe un cylindre d'environ 40 cm de long et 2 cm de diamètre. Ce cylindre possède une seule ouverture en haut par laquelle je passe votre friandise préférée qui tombe donc au fond. Comment la récupérez vous (vous ne pouvez pas renverser le cylindre bien évidemment)? Vous prenez des outils? Vous testez la télékinésie? Regardez plutôt comment s'y prend notre proche cousin le chimpanzé :


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Y aviez vous seulement pensé :) ? Genius non?

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Cette vidéo a été tirée par moi-même à partir de l'emission National Geographic "Ape Genius"

The beauty of life

Cette année, j'ai commencé les cours sur le développement, et vraiment c'est quelque chose de superbe. Juste pour vous le montrer, j'ai réussi à trouver une vidéo vue en cours sur le développement de Xenopus laevis, autrement appelé Xénope, amphibien anoure d'Afrique australe.

Xénopus laevis

Sur cette vidéo, vous pourrez voir toutes les étapes du développement de la cellule œuf jusqu'à l'éclosion du petit têtard de xénope. On assiste notamment à la phase de clivage, correspondant aux nombreuses divisions cellulaires synchrones de la cellule (2,4,8,16...cellules) , ensuite nous avons la gastrulation avec la mise en place des différents feuillets embryonnaires (endodermes, ectodermes, mésodermes), la neurulation avec mise en place du système nerveux et enfin l'organogénèse avec la structuration des organes et des tissus.
Même si vous n'avez strictement rien compris aux mots que je viens d'employer vous pouvez toujours apprécier cette vidéo juste en admirant la précision, la beauté et l'exactitude avec laquelle la nature crée un nouvel être vivant.



Malgré mes recherches je n'ai réussi à trouver que cette vidéo sur laquelle quelqu'un a eu la "brillante" idée de rajouter une musique...Sorry for that.

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Pour plus de détails ou pour les questions, je vous conseille quelques sites comme wikipédia, ou alors contactez moi pour plus de détails :)
Enjoy.

dimanche 28 septembre 2008

La plante de la resurrection

Le monde végétal peut sembler beaucoup moins vivace et changeant que le monde animalier. C'est s'y tromper sévèrement sur les lois de dame nature. Le règne végétal réserve lui aussi des bijoux de sophistication, et son lot de surprises. C'est le cas par exemple de cette plante, confusément appelée plante de Jerico en référence à la ville biblique qui renaissait de ses cendres, Selaginella lepidophylla fait partie de ces plantes qui ont évolué dans les conditions drastiques que peut parfois donner l'environnement. Elle vit dans le désert de Chihuahua en bordure du Mexique et des États Unis du sud avec pour voisinage différents cactus et plantes habituées à des températures variant de -30 à +40°C et quelques millimètres de pluie par an.

Désert de Chihuahua

Comme nous l'avions vu dans mon sujet sur la transpiration des plantes, la dessiccation est un véritable danger pour la plante et survivre dans un désert requiert une bonne dose d'astuce pour les végétaux. Ainsi celle-ci va faire la morte. Vrai, elle va se dessécher jusqu'à conserver que 3% de sa masse ! Elle diminue sa surface en se repliant sur elle-même formant une petite boule sèche. Elle rentre donc dans une dormance, où son activité métabolique est au minimum et elle peut rester comme ça (très) longtemps (50 ans selon certaines sources). Mais mieux, si jamais la sècheresse s'éternise, la dessiccation sera telle que ses racines se détacheront du sol, et pof! Elle va tout simplement déménager au gré du vent jusqu'à s'installer dans un bled plus accueillant. Quelques gouttes d'eau suffiront pour rendre vie à cette plante, en quelques heures, elle se redéploiera entièrement et se reverdira comme si jamais rien ne s'était passé d'où son surnom de plante de résurrection. Cependant, cette plante n'est pas non plus Highlander, si la sècheresse est trop dure, elle finira tout de même par mourir.


S. lepidophylla en forme dormance à gauche et hydratée à droite

Donc les espèces de boule de foin que l'on voit voler dans les westerns, ben c'est peut-être une Sélaginella lepidophylla qui passait par là pour voir du pays en attendant de trouver un nouveau coin pour s'enraciner?


Vidéo d'une réhydratation de S. lepidophylla

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Tigre vs Singe

J'avais vu cette vidéo il y a un moment dans un reportage animalier et j'ai réussi à la retrouver pour vous (désolée pour la qualité). C'est une vidéo selon moi assez extraordinaire compte tenu du fait que ce sont deux espèces totalement différentes qui se confrontent ici. D'un côté nous avons deux petits tigrons d'Indochine et de l'autre un singe qui nous présentent ici une superbe partie de jeux. Je vous laisse juger par vous même ce grand moment d'interaction inattendue entre ces deux espèces.

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vendredi 5 septembre 2008

Biochimie, mon Amour...

He oui, c'est la rentrée, réjouissons nous ! Les horaires intenables, les plannings qui changent toutes les 2h, les informations que les gens trouvent tu sais pas où et quand, et entre tout ça, le début des cours ma foi ! Après près d'un mois sans rien écrire, loin de Paris et de sa pluie, me revoilà bronzée sur les bancs de la fac. La transition est rude, et pour bien nous faire comprendre que ça commence et que ça va ch*er, mon premier cours fut celui de ma matière certainement favorite en partant de la fin de ma liste : la biochimie. Haaaaa, que d'heures à regarder en l'air, à me dire "de toute façon j'capte que t'chi" ou encore "mais de toute façon, qu'est ce que j'm'en fiche moi du cofacteur bidule qui fait truc muche???".

Ceci dit, je ne peux que me rendre à l'évidence, même dans les matières qui ne sont pas dans mon Top 3, je ne peux nier que cette science recelle d'un paquet de choses extraordinaires qu'il faut tout de même mentionner. Par exemple, avec la biochimie, vous pouvez comprendre pourquoi la soie des araignées est l'un des matériaux les plus résistants du monde (et ouais, la structure en feuillet béta y est pour quelque chose mes amis), ou encore, vous pouvez apprendre que dans les aquaporines (ces protéines qui font passer l'eau entre le milieu et l'intérieur de la cellule), les petites molécules d'eau sont une à une guidées et placées dans le bon sens par d'adorables petits acides aminés.


Les têtes dépingles en gris, représentent les phospholipides constituant la membrane cellulaire. En jaune, l'aquaporine à l'intérieur de laquelle les molécules d'eau passent bien en ligne et en silence.

En fait à bien y réfléchir, la biochimie, c'est une science absolument merveilleuse, on comprend enfin le pourquoi du comment que c'est possible, mais comme toutes les sciences qui s'intéressent au détail : c'est affreusement fastidieux. Mais aujourd'hui, j'ai encore eu l'une de ces illuminations en cours où je me dis "rah, c'est dingue la vie" quand le prof a mentionné une enzyme, portant le poétique nom d'anhydrase carbonique. Cette enzyme a pour boulot de transformer le gaz carbonique et l'eau en hydrogénocarbonate et proton :

CO2+H2O ---> HCO3- + H+

Et j'peux dire que Flèche (le petit garcon dans les Indestructibles) peut s'cacher devant cette petite enzyme. Cette réaction que je vous ai présentée, elle la fait avec un kcat = 9.10 puissance 7 sec-1, et là vous vous dites "gné???", mais cette valeur veut tout bonnement dire qu'elle transforme 90 millions de molécules de substrat à la seconde!!!! Et cette réaction se passe dans toutes vos cellules, à tout instant, avec des milliers d'enzymes au travail, je vous laisse compter le nombre de transformations au total ) .

samedi 26 juillet 2008

La montée de sève

Lorsque l'on voit un épicéa de 90 mètres de haut, on est en droit de se demander "comment la sève peut-elle monter à des hauteurs pareilles?" surtout quand on sait qu'elle circule dans des conduits de 50 micromètres de diamètre ! On peut considérer plusieurs hypothèses : la pression hydrostatique (pression à l'intérieur d'une colonne d'eau), la capillarité (la même qui fait monter l'eau sur le bord d'un verre), l'osmose (mouvement d'eau entre des compartiments de concentrations différentes) tout en prenant en compte la viscosité (grossièrement, l'incidence sur la vitesse d'ascension en fonction des frottements et de la consistance de la sève brute).

Séquoïa géant en Californie

Dans le premier cas, celui de la pression hydrostatique d'une colonne de fluide, la hauteur que pourrait atteindre la sève grâce à cela équivaut à 10.2 mètres (avec la formule h = P/ρg, si vous désirez des détails sur les calculs, contactez moi). Dans le cas de la capillarité, faisant appel à la loi de Jurin (h = 2σ/ρgr), la sève atteint péniblement 0.57 mètre. Et enfin l'osmose (ou poussée racinaire en langage botanique), qui est la poussée due à l'entrée de l'eau dans les racines, permet à l'eau de monter sur 7.4 mètres.
Ce n'est pas vraiment brillant jusqu'ici, certes tous ces phénomènes apparaissent lors de la montée de la sève ! Cependant, on n'atteint certainement pas les 90 mètres, et c'est sans compter la viscosité qui n'arrange pas tout ça. Mais il y a un autre phénomène que l'on a pas étudié ici!! Mais il fallait simplement y penser :
Les plantes, comme nous, transpirent. Sur leurs feuilles, on trouve des petites ouvertures appelées stomates (constituées de deux cellules de garde, contrôlant l'ouverture ou la fermeture du stomate). C'est par ces ouvertures que les échanges gazeux de la plante s'effectuent (la respiration par exemple) et aussi la perte d'eau.

Stomate

Si les producteurs d'antitranspirants devaient viser une nouvelle clientelle, ce serait sans aucun doutes les plantes, ces dernières transpirent en 1 heure la totalité de leur poids en eau ! Et si on réfléchit deux minutes on comprend aisément l'impact de ce phénomène sur la montée de la sève dans les vaisseaux. Imaginez simplement un petit bassin d'eau (modélisant le sol), un cylindre qui y trempe (modélisant l'arbre) et une pompe en haut (modélisant la perte d'eau). Si l'on tire sur la pompe, l'eau va monter dans le cylindre, cette modélisation est équivalente à quand l'eau s'évapore sous l'effet de la chaleur ou de la régulation du métabolisme de la plante, cela créer une tension sur l'eau dans l'arbre (nb : la sève contient un pourcentage très élevé d'eau), comme si on l'aspirait vers l'extérieur. Cette tension permet d'après les calculs de faire monter la sève jusqu'à 100 mètres ! On a donc trouvé le véritable phénomène physique expliquant un tel exploit.

Expérience illustrant la montée de la sève par transpiration : à gauche, le sac empêche les échanges gazeux de la fleur, la sève ne monte donc pas jusqu'à elle, contrairement à la fleur d'à coté, où l'on voit clairement le colorant affluer aux pétales grâce à la transpiration.

Donc voilà, nouveau mystère résolu ! Ma source vient d'un exercice de thermodynamique que j'ai fait à la fac en 1ère année ;). La photographie de l'expérience provient du site Biomédia de ma Fac.

vendredi 25 juillet 2008

La croisière s'amuse

Myocastor

Lorsque j'étais en randonnée dans la chaine des puys la semaine dernière, j'ai découvert quelque chose d'assez amusant en lisant une brochure pour la visite d'une ferme. Cette dernière élève des Wallabys et des Myocastors, autrement appelés Ragondins. Ces animaux originaires d'Amérique du sud ont été introduits en Europe au XIXème siècle pour leur fourrure. Depuis ils se sont étalés un peu partout, mais ce n'est pas ça qui nous intéresse ici.

Myocastor albinos

En fait ces braves bêtes, et surtout les femelles de cette espèce sont un exemple de ce que peut provoquer l'évolution et la sélection naturelle : Les femelles, au lieu d'avoir les mamelles sur le ventre, les ont sur leur face dorso-latérale, soit sur le coté. Et pourquoi faire me direz vous? Ben simplement, cette espèce aime beaucoup l'eau et y passe beaucoup de temps, ainsi, même si la mère a de l'eau jusqu'au cou, les petits bébés peuvent téter leur mère !! C'est un avantage non négligeable et à ma connaissance unique pour une espèce telle que celle ci. La mutation et la migration des mamelles fut donc conservée et transmise au cours de l'évolution.

Une mère avec ses petits

Voilà pour la 'tite anecdote!!!

vendredi 11 juillet 2008

Maman Caïman

Après les exploits du papa crapaud, voici ceux de maman Caïman. Pour clore ma review de cette série de la BBC "Life in cold Blood", j'ai pris les séquences, qui étaient selon moi, les plus émouvantes, touchantes et marquantes. Si comme moi vous avez regardé "le monde des animaux" lorsque vous étiez petits, vous avez sûrement déjà entendu parler du formidable instinct maternel des crocodiliens. Le comportement des mères de ce groupe (contenant crocodiles, alligators, caïmans) est si extraordinaire que les premiers zoologistes à l'avoir relaté ne furent pas crus par la communauté scientifique.

Caïman

Que l'on veuille y croire ou non, les femelles ont un sens de la maternité que nombres peuvent leur envier. Lorsque le moment de la ponte arrive, les mères vont enterrer délicatement leurs œufs sous terre, afin de garder ces derniers au chaud et au sec. Le temps de développement des petits s'écoulant, la mère ne quittera jamais le périmètre du lieu de ponte, posant toujours un œil attentif vers son nid empêchant les prédateurs d'aller y mettre leur nez.

Bébé crocodile

Les petits, fin prêts, commencent à gémir de l'intérieur de leur coquille, appelant leur mère. Celle ci les entend même de loin et se presse auprès du nid. Avec une infinie délicatesse, celle ci creuse pour aider ses petits à sortir à la lumière. Mais le travail ne s'arrête pas là, elle prend les petits dans sa gueule pleine de dents acérées sans leur faire la moindre égratignure et les amène un à un à l'eau.

Crocodile

Le plus extraordinaire de la part de ces gros reptiles, c'est que lorsque des petits n'arrivent pas à percer la coquille de leur œuf, elle ne va pas les abandonner, non, elle va prendre l'oeuf dans sa gueule, et le craquer dans sa gueule en faisant attention de ne pas blesser le petit à l'intérieur.
Une fois que tous les petits sont à l'eau et en forme, son travail de protection continuera pendant plusieurs mois...

Encore une fois, je vous ai découpé l'extrait de la vidéo d'origine : regardez moi ça, c'est magnifique.


video

vendredi 4 juillet 2008

Papa Crapaud

Nous avons souvent tendance à considérer que les animaux à sang froid sont dénués de sentiments, de pensée, d'intelligence. Or dans la série de documentaires absolument fascinante d'Attenborough "Under the Skin" (BBC), tout est mis en œuvre pour vous démontrer le contraire. J'ai choisi l'exemple du crapaud buffle africain pour montrer à quel point certains de ces animaux ont l'instinct maternel (et paternel!) développé.

Dans le cas présent, les œufs de maman crapaud ont été pondus dans une "flaque nurserie" assurant aux jeunes une croissance en milieu constant avec un minimum de prédateurs. Cependant, une fois les têtards devenus grands, le manque d'espace se fait cruellement sentir et il devient indispensable de trouver une sortie : question de vie ou de mort.
C'est là que le papa crapaud entre en scène. Lui qui veillait ses petits depuis longtemps, décide de creuser un canal, reliant la nurserie au bras de rivière voisin, assurant ainsi aux petits une échappatoire à une mort certaine.


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Que l'on ne me dise plus que les animaux ne pensent pas, ou qu'ils ne ressentent rien. Les Hommes, aussi égocentriques puissent-ils être, ne détiennent pas l'exclusivité du sentiment, de la communication, de la réflexion etc. Et si vous êtes encore septiques à ce sujet, la solution est simple : prenez le temps d'observer la vie qui se déroule autour de vous, regardez vos animaux de compagnie réagir, regardez les reportages animaliers chiants sur la barrière de corail. Lorsque l'on côtoie l'animal, on ne peut plus penser que nous sommes seuls au monde à ressentir ce que nous ressentons. Ce crapaud buffle en est la preuve, trouver l'idée du canal entre deux flaques, représente déjà un processus intellectuel d'une certaine complexité ! Et entre nous, c'est pas trop mignon de voir un gros moche crapaud être si attentionné vis à vis de ses rejetons?

mercredi 2 juillet 2008

Les mâles ridicules

Pour l'article précédant, j'ai fais quelques recherches pour trouver des photos appropriées, et je dois absolument vous parlez de ma découverte s'agissant du poisson lanterne. Sur la photo que j'ai mise, il s'agit d'une femelle, et je n'ai pas trouvé de photo de mâles et pour cause!! Comme le dit si bien l'auteur de l'ifremer P. Briand, je cite :

"les mâles restent de petites taille (mâles « nains ») et deviennent parasites des femelles sur lesquelles ils se fixent, dégénérant en un sac à spermatozoïdes."

Je dois avouer que ça m'a fait plutôt rire...Non seulement ils sont nains, et en plus ils deviennent des sacs à spermatozoïdes. Dans le règne animal, les mâles n'ont vraiment pas de quoi être macho des fois.

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Source : Ifremer

La lumière des abysses


Dans les abysses, on peut trouver toutes sortes de bizarreries. A de telles profondeurs, les animaux ne ressemblent plus à ce que nous connaissons. Les poissons sont de véritables terreurs, avec une bouche composant les 3/4 de leur corps et des dents à faire frémir les grands blancs. Parallèlement, certains d'entre eux, notamment les Poissons Lanternes, utilisent un moyen de chasse des plus lumineux : une petite lanterne au bout d'un appendice qu'ils agitent devant leurs bouches.

Poisson Lanterne

Tels des insectes virvoletant autour des bulbes lumineux, les proies de ces monstres sont irrésistiblement attirées par cette petite lanterne (pourquoi ? C'est une super question dont je cherche la réponse actuellement).

Mais petite question : d'où vient cette lumière? Ce phénomène est appelé bioluminescence, c'est en réalité de la lumière froide (n'émettant que très peu de chaleur), émise par une réaction chimique entre la luciférine et son enzyme : la luciférase. Les deux éléments forment un complexe qui s'oxyde, passe dans un état excité (c'est à dire que son niveau d'énergie est trop élevé comparé à la situation de base), et doit donc décharger cette énergie : et bien sûr, c'est sous forme de photon que cela se produit.

Schéma de la production de photon grâce à la luciférine

L'émission de lumière peut se faire de différentes façons : en intracellulaire, tous les composants sont sous la peau et la lumière émise traverse celle ci (ex : les lucioles); en extra cellulaire, les composants sont lâchés dans le milieu créant un nuage lumineux (ex calamar), ou encore (et c'est le plus intéressant) en symbiose avec des bactéries luminescentes. En effet, certaines espèces possèdent sous leur peau des photophores, véritables niches à bactéries, où ces dernières se développent tranquillement produisant la lumière désirée par l'hôte, qui de son côté module l'intensité lumineuse grâce à son système nerveux relié aux photophores.

Outre la chasse, la bioluminescence est utilisée pour de nombreuses choses et chez de nombreuses espèces (méduses, calamars, divers insectes etc). Les signaux lumineux peuvent être émis pour communiquer, attirer un compagnon pour la reproduction, se camoufler etc...Se camoufler? En émettant de la lumière??? Non non, je ne me moque pas de vous, c'est en réalité très efficace chez les animaux aquatiques. En effet, les prédateurs arrivent souvent du fond des océans, repérant leurs proies par dessous grâce à l'ombre formée. En illuminant son propre ventre d'une lumière clair, le poisson proie se rend "invisible" à l'oeil des prédateurs!

Ce que voit un prédateur d'en dessous : des ombres



mercredi 25 juin 2008

Dracula et la solidarité

L'altruisme, vision de l'esprit ou réalité? Qu'elle que soit la réponse à cette question, ce que nous appelons l'altruisme (intéressé ou non) existe également dans le monde animal à différents degrés. Le cas de la chauve-souris vampire (la terreur de 15 grammes) est tout à fait intéressant. Ces petits mammifères aux longues dents se nourrissent principalement de sang (et de petits insectes à coté pour que ça croustille un peu aussi), mais pas de panique, le sang humain ne semble pas leur convenir, ils savourent davantage le sang d'animaux de ferme. Par ailleurs, il est bon de préciser que les chauves souris vampires ne sucent pas le sang mais le lapent après avoir blessé l'animal endormi.

Chauve-Souris vampire

Ce qui fait la particularité de cet animal, c'est sa fragilité physique, en effet, pour survivre, ces charmants animaux doivent se nourrir le plus souvent possible et ne pas excéder 2 jours de diète. Si tel est le cas, il perd tellement de poids que mort s'ensuit très rapidement. Sachant cela, les chauves-souris ont élaboré une stratégie : s'entraider. Lorsqu'une pauvre petite revient dans la grotte sans avoir pris son dîner, elle peut aller demander un peu de sang à ses comparses. Ces dernières lui font don d'un peu de leur espérance de vie en lui fournissant ce sang (elle le régurgite en bouche à bouche), mais elles le font quand même. Pourquoi?

Chauve souris Vampire

L'altruisme, c'est aider son prochain, et cela peut, dans certains cas amener à ce qu'on appelle "la reconnaissance". Ainsi, une chauve souris qui donnera du sang a aussi plus de chance d'en recevoir si elle même se retrouve dans la misère un jour. La reconnaissance est de plus largement renforcée par les liens de parenté entre les individus. En effet, les chauves souris vampires, comme la plupart à ma connaissance, sont des êtres coloniaux, qui se partagent le plafond des grottes. D'après les études nombre d'individus sont liés plus ou moins par le sang, renforçant l'entraide (on a tendance à favoriser ses proches qui possèdent souvent les mêmes gènes et donc perpétuent notre propre patrimoine : c'est la sélection sur le gène).

Deux bébés chauves souris vampires (c'est moche mais un peu moins que les parents quand même)

En conclusion, comme dans 99,9% des cas, l'altruisme n'est pas mué que par de la pure bonté, souvent se cache derrière les apparences un intérêt, qu'il soit personnel (le geste que je fais ici me sera rendu à l'avenir), ou génético-social (je perpétue mes gènes). Ca fait pas forcément plaisir à entendre, mais c'est très certainement vrai.


Petite anecdote : l'anticoagulant se trouvant dans la salive des chauve souris vampire est appelé Draculine ;)

dimanche 22 juin 2008

Qui vous fera gober ça?

Vous ne vous êtes jamais demandé comment certains serpents faisaient pour gober et surtout digérer des œufs trois fois plus gros que leurs têtes? Moi en tout cas oui, et j'ai trouvé la réponse dans l'excellente émission de la BBC "Life in Cold Blood" présenté par le célèbre David Attenborough.


Les serpents ont un appareil buccale très particulier qui leur permet une ouverture très impressionnante. Les deux demi mâchoires inférieures sont reliées par un ligament élastique, permettant à celles ci d'avancer ou de reculer indépendamment l'une de l'autre (ce qui fait avancer l'œuf dans la gueule par exemple). Le second élément connférant à la machoire du serpent son élasticité, c'est l'os carré au fond de la gueule. Celui ci offre au serpent, une ouverture proche de 160°!


D'accord, donc maintenant on comprend comment un si gros œuf peut passer dans une si petite (à première vue) bouche. Maintenant, sachant que l'œuf est gobé, comment fait le serpent pour le digérer? Hé bien le Serpent se sert de son corps pour casser l'œuf, ce dernier descend dans le tube digestif jusqu'à une zone où la colonne vertébrale du serpent possède des "piques" sur la face ventrale de l'os. Le Serpent se contorsionne jusqu'à ce que l'œuf soit écrasé par la pression de la colonne, et les piques servent à ouvrir la membrane : Regardez par vous même :


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Pas mal n'est ce pas? Se servir de son squelette pour manger, je trouve ça plutôt classe! En tout cas, je conseil à tout amoureux de la nature de regarder ces émissions de la BBC, qui sont toujours d'une excellente qualité et vraiment passionnantes.


mercredi 18 juin 2008

Le Paludisme, un parasite qui vous veut du mal

Les parasites nous inspirent dégoût et répulsion, cependant il serait vraiment dommage et dommageable de ne pas s'intéresser à ces êtres vivants qui sont, selon moi, une source d'étonnement perpétuel.
Le paludisme (ou malaria) en est le parfait exemple, cette parasitose est due à un petit unicellulaire appelé Plasmodium qui nous est transmis par les anophèles femelles (moustique) lors de piqûres (les moustiques mâles ne piquent pas). Cette maladie est la plus mortelle au monde, avec près de 1,5 à 2,7 millions de décès par an, et touche principalement les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Il n'existe malheureusement aucun vaccin et pas de traitement outre ceux permettant de ralentir l'infestation. Vu l'importance de cette maladie, il semble essentiel d'en comprendre le mécanisme et les stratégies mises en place par Plasmodium, afin de comprendre le pourquoi du comment.

Répartition du paludisme dans le monde

S'il est si difficile de trouver un remède contre ce parasite, c'est que ce dernier a développé des systèmes de protection extrêmement sophistiqués. Partons du moustique, ce dernier nous pique, injectant avec sa salive une série de Plasmodium qui vont dès lors se diriger vers le foie et infester les cellules hépatiques. A l'intérieur de ces dernières, le parasite va se multiplier de façon très intense et non sexuée (c'est à dire qu'une cellule mère de Plasmodium se divise en deux cellules filles de Plasmodium). Les cellules du foie finissent par éclater sous le nombre de Plasmodium à l'intérieur, provoquant chez l'homme des hémorragies. Une fois libre, les petits parasites vont dans le sang et rentrent dans les hématies (globules rouges) pour se multiplier à nouveau. Les parasites échappent ainsi au système immunitaire, qui ne détecte pas les malotrus planqués dans des cellules "normales" (faisant partie du "soi").

Plasmodium dans le cytoplasme d'une cellule

Le premier problème de Plasmodium, c'est que le sang passe naturellement dans la rate afin de recycler les hématies vieilles ou en mauvais état. Si cela se produit, c'est la fin du parasite, ce dernier a donc établi une stratégie pour éviter de passer à la casserole : il exprime des protéines membranaires qui font adhérer les hématies aux parois des vaisseaux sanguins. Ainsi, ils s'agglomèrent, empêchant le passage dans la rate et facilitant le passage d'une hématie à l'autre pour le parasite. Mais cette solution apporte aussi un lot de problèmes, par ces protéines membranaires, le parasite risque d'être repéré par le système immunitaire de son hôte, alors une nouvelle stratégie a été mise en place : Plasmodium possède des gènes "mosaïques" qui permettent de changer très régulièrement de protéines membranaires (elles ont la même fonction mais changent de composition), par conséquent, notre système immunitaire n'a jamais la possibilité de reconnaître et combattre Plasmodium.

Résumé du cycle de vie de Plasmodium (l'Homme est l'hôte intermédiaire, ou vecteur, et le moustique est l'hôte définitif)

En bref, nous n'avons aucun moyen de lutter efficacement contre ce parasite dans notre propre corps, et lui provoque des dommages très importants, en faisant éclater les cellules hépatiques et sanguines, et en provoquant des bouchons dans les vaisseaux sanguins entraînant parfois la mort. Mais l'histoire de ce parasite ne se termine pas là. Dans le sang, des formes sexuées (gamètes) sont produites, et seront aspirées lors d'une seconde piqûre de moustique! Une fois dans l'estomac, les gamètes doivent se défendre contre les défenses immunitaires du moustique, pour cela, elles sécrètent un immunodépresseur qui permet au parasite d'avoir le temps de se reproduire (deux gamètes fusionnent), par la suite, l'oeuf formé se cache en se couvrant de cellules de moustique. Une fois l'oeuf arrivé à maturité, ce dernier éclot, donnant une quantité de petits plasmodium qui migrent vers les glandes salivaires de l'anophèle. Les sporozoïtes provoquent la destruction de l'anticoagulant du moustique, par conséquent, dès qu'il pique, le sang coagule et le moustique ne peut plus aspirer le sang, il lui faut donc piquer de nombreuses fois pour parvenir à ses fins, et en parallèle, il semblerait que le parasite brouille totalement le sentiment de satiété de l'anophèle, la rendant avide de sang et sans peur de se faire tuer.

Anophèle en pleine action

Ainsi, ce minuscule unicellulaire, comme vous avez pu le constater à développé au cours de l'évolution des techniques extraordinaires de survie dans des milieux hostiles. On comprend donc mieux ainsi pourquoi certaines parasitoses sont si difficiles à soigner tant elles sont complexes à de nombreux niveaux. Mais les études se multiplient et aboutissent à des choses très intéressantes, de quoi raviver l'espoir de trouver un jour un remède!