Les poissons abyssaux sont une source infinie d'étonnement. Souvent effrayants, amusants, surprenants, on les croit sortis tout droit d'un bon livre de science fiction. Celui que je vais vous présenter dépasse de loin tout ce que j'ai eu l'occasion de voir auparavant. A vrai dire, j'ai plutôt cru à un poisson d'avril qu'à un poisson d'abysse. Mais la conjoncture temporelle ne s'y prêtant guère, j'ai dû me résoudre à la réalité : Macropinna microstoma est un poisson des fonds marins ayant une tête totalement transparente avec les yeux...à l'intérieur du crâne. Et même si je n'en crois toujours pas les miens, les siens peuvent voir à travers la structure de sa tête.
Macropinna microstoma, ceci n'est pas une image de synthèse. © MBARISur cette photographie, vous pouvez voir deux lobes verts pointant vers le haut : ce sont les yeux. A l'avant de la tête, ce que l'on pourrait prendre pour des yeux ne sont autres que des appareils olfactifs. Les scientifiques ont longtemps cherché à comprendre pourquoi ce drôle d'animal possédait des yeux fixés vers le haut, ceci n'étant pas des plus pratique pour gober des proies. Récemment, un spécimen ramené vivant sur un bateau a permis de voir que les yeux ne sont absolument pas immobiles et peuvent se tourner vers l'avant repérant ainsi tout ce qui passe devant la bouche.
Cependant, ce regard au ciel reste inexpliqué. Les chercheurs ont alors émis l'hypothèse selon laquelle Macropinna resterait dans les fonds capturant les rares photons provenant du dessus pour repérer ses proies. Mieux, ce poisson convoite tout particulièrement les proies capturées par les siphonophores (colonies de cnidaires formant un superorganisme avec des tentacules urticantes). On imagine alors aisément le confort d'avoir les yeux dans la tête dans ce cas là : cela protège son plus précieux organe de perception contre les piqures infligées par les tentacules de siphonophores !
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Source : Futura Science
Cependant, ce regard au ciel reste inexpliqué. Les chercheurs ont alors émis l'hypothèse selon laquelle Macropinna resterait dans les fonds capturant les rares photons provenant du dessus pour repérer ses proies. Mieux, ce poisson convoite tout particulièrement les proies capturées par les siphonophores (colonies de cnidaires formant un superorganisme avec des tentacules urticantes). On imagine alors aisément le confort d'avoir les yeux dans la tête dans ce cas là : cela protège son plus précieux organe de perception contre les piqures infligées par les tentacules de siphonophores !
© MBARI
En bref, voilà un bien curieux animal, qui une fois de plus me laisse bouche bée devant les bizzareries qu'engendre la sélection naturelle.----------------------------------------------------------------------------------------------
Source : Futura Science





