mercredi 22 décembre 2010

Célèbre malgré elle

Chers lectrices et lecteurs, je vous présente un billet qui a été écrit par un ami à moi, qui souhaite vous faire partager sa science ! Bonne lecture !


29 Novembre 2010. La NASA annonce la tenue d’une conférence pour le moins accrocheuse. Son objet ? Discuter d’une découverte en astrobiologie dont l’impact se répercutera sur la recherche de preuves d’une vie extra-terrestre.


Enfin ! Nous ne sommes plus seuls ! Spéculons les enfants ! Petits hommes verts, gris, poilus, glabres, anthropomorphes, anthropophages, doués de paroles, inferieurs par la taille, supérieurs par l’esprit, pacifiques, belliqueux, je pourrais donner ici plus de 42 bonnes raisons pour lesquelles cette annonce a éveillé en moi quelque émoi scientifico fictionnel dépassant bien sûr toute raison scientifique. Raison scientifique qui aurait nécessairement du attirer mon œil vers les personnalités présentes à cette conférence, et notamment celle qui se révèlera être l’étoile de cet évènement : Felisa Wolfe-Simon membre du centre de recherche en astrobiologie de la NASA, chercheuse à l’USGS (U.S. Geological Survey).


Géologie ? Au revoir Alf, Mr Spock, Widget et Stitch, c’est bel et bien sur Terre que se situe la « découverte », dans les profondeurs du lac Mono en Californie pour être exact. Point de communicateur, de trace de vie aliène ou d’astronef englouti ici, c’est une bactérie qui fait ici parler d’elle. Sa spécificité ? La possibilité de substituer de l’arsenic au phosphore notamment lors de la synthèse d’ADN. Si cette substitution n’est pas obligatoire (elle n’apparait qu’en milieu riche en Arsenic et pauvre en Phosphore) elle pose néanmoins la question sur la « nécessité » supposée du Phosphore à la vie.





Lac Mono (Etats-Unis)

Au-delà du débat scientifique que l’article, publié dans la revue Science, provoque, c’est la communication de la NASA autour de cette découverte qui intrigue. Car dans cet article, nulle mention d’exobiologie. Serait-elle passée à la trappe des corrections ? Toujours est-il que Felisa Wolfe-Simon soutient que cette découverte « ouvre la porte vers l’existence possible d’une vie ailleurs dans l’univers ». Mais s’il est vrai que cette découverte élargit les possibilités d’apparition de la vie on reste assez éloignés du coup de pied dans la fourmilière. Car hormis la forte concentration en arsenic des sédiments du lac Mono, on reste dans un milieu assez « classique ».


Alors pourquoi un tel effet d’annonce ?


On pourrait penser ici que la NASA tente de redorer un blason qui se ternit d’années en années. Fin des vols spatiaux habités en 2011, annulation du programme visant au retour de l’homme sur la Lune, installations vieillissantes, l’agence américaine voit peut être dans l’astrobiologie une occasion de justifier son maintien et ses financements. Et rien de tel qu’un bon buzz pour faire parler de soi à moindre coût.


Mais cette bataille pour les financements existe aussi du côté des chercheurs et force parfois un rapprochement forcé entre deux thématiques de recherche initialement distantes. Serait-il raisonnable de penser ici que Felisa Wolfe-Simon ait agité sous le nez de l’agence le chiffon rouge de l’astrobiologie pour obtenir les moyens de mener des recherches nécessitant des moyens matériels conséquents ? Difficile à dire. Notons néanmoins que la jeune chercheuse publiait en 2009 un premier article suggérant la possibilité pour une bactérie de substituer l’arsenate au phosphate dans la synthèse d’ADN.







La fameuse bactérie souche GFAJ-1 (Halomonadaceae)

1 commentaire:

  1. Cette découverte n'est pertinente que si l'on estime que l'utilisation de l'ADN est une propriété nécessaire à la vie. S'il se trouve que l'ADN n'est qu'une propriété historique alors elle n'est pas très intéressante. En d'autres termes il faut supposer que toute forme de vie utilise forcément de l'ADN. Ce qui suppose qu'il faut savoir ce qu'on entend par vie. Si on estime que la vie c'est la vie terrestre on peut toujours chercher ailleurs on trouvera rien sauf si la vie terrestre est la seule manière de vivre... Outre cette question d'argent et de fonds qui est une question politique, scientifiquement on a aussi un assez gros probleme (énorme même ^^).

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