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dimanche 20 juin 2010

Ocean 2010

L'écologie est devenue très à la mode ces dernières années, pour le meilleur et pour le pire. Année de la biodiversité, 2010 a montré l'interêt grandissant des individus pour la cause écologique, mais aussi les (trop) nombreuses entraves à la protection des écosystèmes sur Terre.
La principale difficulté avec l'écologie, c'est de comprendre les échelles de temps utilisées. En raison de la formation de notre cerveau et de notre courte espérance de vie, les systèmes de pensée humains sont focalisés sur de courtes échéances. Au contraire, en écologie, les changements sont observés parfois au court terme mais aussi souvent au long terme. Mais comment réaliser que des changements s'oppèrent quand on ne les voit pas? Comment convaincre la population que les océans se dégradent, que les papillons désertent, que la forêt amazonienne disparait à une vitesse effrayante, quand tout semble si stable au regard de chacun.
C'est le grand défi du combat écologique, changer d'optique, changer d'échelle, et comprendre comment les systèmes évoluent pour les comprendre. Dans ce but, je vais résumer et présenter ici une étude publiée dans Science en 2006, montrant comment l'état des Océans s'est dégradé ces dernières années, et comment cela influe sur nous en retour.

L'océan, c'est aujourd'hui l'une des sources de biens la plus importante pour l'humanité. En premier, celui-ci apporte une source essentielle de nourriture à des millions de personnes dans le monde. La bonne santé de l'océan garantit emplois, qualité de l'eau, stabilité de l'environnement, etc aux habitants de la côte. Et bien sûr, la valeur économique des océans est juste énorme.
Pourtant, depuis le début de l'ère industrielle, nous n'avons cessé de détruire les écosystèmes marins. Surpêche, pollution et destruction d'habitats ont participé à une dégradation globale des écosystèmes marins et donc à une diminution des services naturels que nous procure la nature.
Par exemple, prenons les écosystèmes côtiers. Les scientifiques ont suivi la biodiversité et les services tirés de la nature sur une période de 1000 ans. Pour ce faire, ils ont suivi 12 écosystèmes différents avec des populations de 30 à 80 espèces importantes économiquement et écologiquement. Les résultats sont clairs. Un déclin brutal et continu apparait à partir de l'industrialisation de notre civilisation. A tel point que 91% des espèces sont en "chute" (déclin supérieur à 50% par rapport à l'abondance basale), 38 sont "effondrées" (déclin à plus de 90% de l'abondance basale) et 7% sont éradiquées.


Ecosysèmes marins côtiers : Pourcentage de taxons (groupes d'êtres vivants) effondrés (ronds noirs) ou exterminés (triangles blancs) en fonction du temps (A). En (B) on trouve le pourcentage de stocks de pêche effondrés en fonction de la richesse en espèces du milieu. On voit que plus la zone est riche en espèces, moins il y a d'effondrement des stocks : Une zone riche en espèces subira moins fortement une pêche intensive car le système est plus stable.

Bien sur, un tel déclin a des conséquences importantes sur le fonctionnement des écosystèmes et sur les services rendus par la Nature. Dans un premier temps, on peut noter la réduction de 33% des populations de pêche viable, ensuite on a la réduction à 69% des habitats servant de nurseries jeunes de chaque espèce, comme les rochers à huitre, les couvertures d'algues et les zones humides. Et enfin on note la baisse (-63%) de la filtration et détoxification de l'eau par les organismes animaux et végétaux.

Les uns affectant les autres, on a donc une augmentation globale des risques, comme les marées rouges (prolifération d'algues, parfois toxiques), une perte importante de la biomasse en poisson, la diminution de l'oxygène dans l'eau (zone morte), une augmentation des inondations (due en partie à la montée des eaux, mais aussi au fait que la végétation ne protège plus les berges et donc facilite l'action des vagues). Et la liste n'est pas exhaustive ! C'est dire...

Ces différents tableaux présentent les pourcentages de changement sur le millénium des paramètres étudiés. Par exemple la partie "biodiversité" résume les changements en appauvrissement, effondrement , extinctions, et restauration des stocks, par rapport à un taux basal. A coté, on a les changements dans les services donnés par la nature en fonction du taux de base, et à droite les changements dans les risques.

Et on retrouve la même chose globalement dans le grand large. Les scientifiques se sont intéressés à 64 grandes zones (>150 000 km²) sur 53 ans (1950 à 2003), produisant sur cette période 83% des biens de pêche du monde. Globalement, on a une accélération du taux d'effondrement des populations, en 2003, 29% des espèces sont considérées comme effondrées (c.a.d que le taux de capture est en dessous de 10% de la meilleure capture faite). Ca fait très mal !


En A, on a le pourcentage de taxons effondrés, sur 53 ans. Les triangles représentent les effondrements stricts, alors que les losanges prennent en compte les restaurations. Les triangles ou losanges bleus représentent des zones pauvres en diversité d'espèces, et les rouges des zones à forte diversité. Comme vu précédemment, les zones naturellement riches sont plus résistantes aux changements que les zones pauvres. En B on a une carte des 64 zones étudiées avec en couleur la richesse spécifique (bleu : faible, rouge : forte).

En bref, que ce soit sur les côtes ou au large, l'action de l'être humain a impacté très fortement et négativement la biodiversité marine et le fonctionnement des écosystèmes. Cependant, les scientifiques ne sont pas alarmistes. En effet, des zones particulièrement dégradées ont subi des plans de sauvetage avec une protection totale de la zone. Le résultat est un regain rapide et efficace de la biodiversité, avec un retour des fonctions des écosystèmes. Mieux, grâce à ces écosystèmes en restauration, le taux de pêche dans les alentours a été amélioré (car les zones protégées servent de pouponnières et permettent à la zone de lentement se repeupler). Par ailleurs, les zones de tourisme subissent des booms économiques en raison du bon état des fonds marins et de la diversité des espèces qui attirent immanquablement les touristes.

Donc la conlusion, c'est qu'il faut prendre en compte la nature, son fonctionnement, sa dynamique, pour l'utiliser à son maximum. L'avenir nous réserve de grandes difficultés stratégiques. En effet, avec une population humaine grandissante et hautement consommatrice, nous nous devrons de gérer nos ressources alimentaires au mieux, et protéger les écosystèmes afin de profiter de leurs fonctions naturelles de détoxification, de provision de biens etc. Ce n'est pas réélement ce qui est en ce moment fait par les gouvernements et les puissances de ce monde, mais tôt ou tard, nous n'aurons plus le choix que de nous moderniser dans notre façon de penser les choses, et de modifier notre système afin de garantir la survie des futures générations et améliorer la vie des contemporains.

Source :
Worm B., Barbier E.B., et al., (2006) Impacts of biodiversity loss on ocean ecosystem services. Science, Vol 314 - 787-790

vendredi 5 juin 2009

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Un film à voir absolument. Il est juste sublime, éblouissant, et émouvant. Notre planète, c'est notre mère à tous, c'est notre source de vie. Agissons pour la préserver et la respecter. Demandons des changements à nos gouvernements, accélérons les changements de mentalité. Battons nous pour pouvoir donner à nos enfants, une vie aussi belle que celle que nous avons.

Aujourd'hui, les propos des septiques ne sont plus acceptables, les détracteurs visant la polémique et l'argent, surfant sur la vague de l'incrédulité de certains, doivent faire face à la réalité. Il faut que nous, les citoyens, prenions nos responsabilités et forcions nos dirigeants à en faire de même.

Que faire? C'est simple, commençons par trier systématiquement nos déchets, ne prenons pas les rues, parcs, forêts pour des poubelles, respectons la nature et les animaux, et vivons de façon plus responsable. C'est simple à faire, et bénéfique pour l'individu et la globalité ! C'est à notre portée, nous avons 10 ans avant que la machine s'emballe et que nous entrions dans un monde inconnu, agissons!

jeudi 3 janvier 2008

Une hypocrisie qui me dérange...

"An inconvenient truth" ou "une vérité qui dérange" pour les français. Ce film documentaire est sorti en 2006 et connu un succès d'ordre planétaire. En premier rôle : Al Gore, le célèbre politicien américain qui avait perdu les élections présidentielles face à W. Bush lors d'un scrutin plus que douteux. C'est une belle revanche, son film déboule dans les première places du box office, et lui permet d'obtenir un peu plus tard le prix nobel de la paix.


Ce film, je l'ai vu il y a déjà un moment, et je l'ai beaucoup apprécié, j'ai trouvé que pour un documentaire né sous l'auspice de la politique, la documentation était très bonne, les explications étaient claires et d'une assez grande qualité pour une vulgarisation scientifique. Son constat était plus qu'imparable : Quel choix semble le plus logique, les lingots d'or ou la survit de la planète? La réponse est évidente. Et pour cela il ne s'est pas gêné pour tourner en dérision la plupart des grandes entreprises polluantes, les gros 4X4 utilisés à outrance aux Etats Unis etc.

Al gore recevant le prix du meilleure documentaire

Oui mais, un tel culot politique ne pouvait être teinté que d'une pure volonté de sauver la planète. Pour ceux qui y croyaient je suis désolée mais je vais vous décevoir. La réalité est toute différente, l'écologiste Al Gore n'est en fait qu'un politicien comme les autres, c'est à dire économiste avant tout. Lors des négociations sur le protocole de Kyoto c'est lui qui a mené la danse (en effet W. Bush n'était pas présent pour cause d'exécutions de prisonniers au texas). Et c'est lui qui a torpillé sans culpabilité le traité. Ainsi l'union européenne avait tablé sur une réduction de 15% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2010, mais notre cher Al gore ramena cet objectif à 5.2% d'ici 2012!


Mais le pire pour moi ce n'est pas ça, chacun sait déjà que les Etats Unis n'ont jamais voulu ratifier ce protocole car trop couteux pour leur économie. La réelle arnaque c'est que les Etats Unis ont convaincu le monde entier d'instaurer les quotas de pollution. Pour expliquer en bref, chaque pays, chaque entreprise a un quotas de pollution à ne pas dépasser, hors, ces quotas peuvent se vendre ou s'acheter d'une entreprise à l'autre ou d'un pays à l'autre. En conséquences de cela, ce n'est plus une réduction massive de la pollution qui est programmée, mais un droit à la pollution à travers la création d'un marché de la pollution mondiale.
Ce marché a eu pour principale conséquence que de laisser à l'état embryonnaire le marché des technologies non polluantes.


Ce constat est déprimant, et Kyoto a déjà plus de 10 ans et rien n'a réellement changé...La conférence de Bali quant à elle n'a pas amené grand chose en plus, comme à leur habitude, les grands de ce monde se sont rassemblés autour du fait que le danger est bien présent, mais pas plus. On notera tout de même que les états unis ont fait une promesse d'efforts, personnellement j'attends les actions avant d'approuver. Mais les états unis sont-ils réellement capables de changer? Le problème est entier. Je m'explique, les campagnes présidentielles, démocrates ou républicaines sont toutes financées par les grandes entreprises principalement polluantes. En conséquence, la marche d'action des politiciens est très très faibles. Ils risquent en effet de perdre leurs subventions s'ils s'annoncent trop écologistes. Alors que faire de ce cercle vicieux? Il faut évidemment changer les méthodes de financement des campagnes, sans quoi rien ne changera!

Source : Le courrier international numéro 894-895 - Dossier sur le réchauffement climatique P 15