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mardi 11 mars 2008

Toujours se méfier du pouvoir d'un champignon

Il fut un temps, j'ai écris un article sur le nématomorphe et sa capacité à modifier le comportement de son hôte pour servir ses propres besoins. Mais j'ai découverts récemment que d'autres espèces d'un genre totalement différent étaient également capables de réaliser ce sinistre dessein : Les champignons du genre Cordyceps.

Fourmi Charpentière infestée

Prenons l'exemple de l'un d'entre eux : Cordyceps unilateralis, ce dernier infeste deux espèces de fourmis : la fourmi charpentière ( du genre Campanotus), et la fourmi Tocandira (Panaponera clavata). Le scénario du développement de ce champignon est digne d'un film d'horreur : Tout d'abord, les spores de ces champignons se fixent sur l'exosquelette des fourmis, puis quand les conditions environnementales sont favorables, ces spores germent en hyphes qui s'immiscent dans des stigmates (trou dans l'exosquelette par lesquels se fait la respiration), puis dans toutes les trachées de l'insecte. Ensuite, le mycelium grandit de plus en plus dans les cavités corporelles de l'animal en se nourrissant de ses tissus sans toutefois toucher aux organes vitaux, préservant ainsi la vie de son hôte.

Schéma du système respiratoire d'un insecte

Bientôt, le champignon va être capable de se reproduire (ou sporuler)...Le mycélium va alors s'implanter dans le cerveau de la fourmi et sécréter des protéines particulières capables de modifier l'attitude de l'hôte (de la même façon que nos chers nématomorphes). La fourmi est comme commandée de l'intérieur par le parasite, elle n'a plus son libre arbitre et effectue une suite d'actions précises : En premier lieu elle grimpe sur une tige, puis plante ses mandibules fermement dedans afin de bien s'arrimer. A partir de ce moment, c'est le début de la fin pour la fourmi. Elle ne bougera plus jamais de cette endroit...


Le mycélium dévore littéralement le cerveau de la pauvre fourmi ce qui entraînera sa mort (Pour la précision morbide : cela peut prendre entre 4 et 10 jours...). Comme Alien, l'organe reproducteur du champignon (le carpophore) va sortir du corps (par la tête) de l'insecte et pousser dessus...Il pourra alors à son tour répandre de nombreux spores, bouclant ainsi la fin du cycle vital de cet horrible champignon.



Et pour finir voici une vidéo : je la trouve très belle, et pourtant c'est sinistre à souhait...



Dans la vidéo, le speaker explique qu'il existe des centaines d'espèces de cordyceps et que chacune est spécialisée pour un seul insecte (papillons, phasmes, coléoptères etc) ou pour quelques uns mais très proches. Les parasites sont généralement des animaux exclusifs au niveau de leur hôte.

samedi 3 novembre 2007

C'est l'histoire d'un Douglas, d'un Bouleau et d'un champignon...

"La raison du plus fort est toujours la meilleure..." disait Jean de la Fontaine dans son poème du loup et de l'agneau. En effet la compétition fait rage dans la nature et peu de place est laissée pour les faibles. Mais ne désespérons pas, ce système n'est pas le seul qui fasse ses preuves dans notre belle nature, regardez par exemple les animaux sociaux, comme les fourmis, les thermites, les hommes! (heu...admettons). Ce sont des espèces parmi tant d'autres qui ont choisi l'entraide et la solidarité pour mieux s'en sortir et combattre l'ennemi commun.

Mais hier, en cours d'écologie, j'ai vu un cas magnifique d'une entraide entre différentes espèces....d'arbres! Pourtant nous savons bien que derrière leur paisible et immobile apparence, un combat acharné pour l'espace et la lumière se tient sous nos yeux. Et pourtant...

L'histoire se passe entre un Douglas (espèce de pin), un Bouleau (l'arbre à tronc blanc très courant), et un champignon. Il faut savoir que les arbres, et les plantes en général vivent en entente très cordiale avec des champignons qui les aident à récupérer des éléments nutritifs du sol en échange d'un petit cadeau carboné issus de photosynthèse.


A gauche, un Bouleau.













A droite, des pommes de pins d'un Douglas

Ce que vous ne savez peut-être pas et qui est ahurissant, c'est que les champignons sont composés de petits filaments appelés "mycélium", qui peuvent atteindre (tenez vous bien) 1 kilomètre de long pour 1 gramme de terre, ces filaments peuvent s'étendre sous terre sur des dizaines de kilomètres...C'est vous dire à quel point, le chapeau que vous ramassez par terre n'est que la face émergée de l'iceberg!

Mais dans le cas que je vous présente, Douglas et Bouleau sont tout deux reliés grâce à un même mycélium qui fournit l'un et l'autre en matière organique. L'expérience menée consistait à mettre à l'ombre le Douglas, et laisser le bouleau éclairé. Le Douglas ainsi privé de sa vitale lumière ne peut plus faire de photosynthèse et dépérit par manque de carbone. Mais c'était sans compter sur le Bouleau et le mycélium intermédiaire. En effet, le Bouleau pour aider son ami le pin, lui transmet une partie de son carbone par l'intermédiaire du mycélium...

Bel acte de solidarité non? Mais pourquoi le Bouleau fait-il cela? Pourquoi s'occupe-t-il de la survie d'un individu d'une autre espèce? Il n'y a pas réellement de réponse, mais l'hypothèse principale avancée par mon professeur, serait basée sur un échange d'azote parallèle du Douglas vers le Bouleau. Je ne rentrerai pas dans les détails de cet échange, mais visiblement l'un et l'autre s'entraident pour conserver un équilibre le plus sain possible!

Et dire que des gens coupent ces arbres sans se douter une seconde de ce qu'il s'y passe...C'est un exemple pour tous!